Bienvenue sur le site de l'ARAQ >>>

Association Régionale des
AQUARIOPHILES
de Québec C.P. 9574, Sainte-Foy, Québec (QC), G1V 4C2

Pour revenir au début de la page " Double Clic" avec la souris sur l'arrière plan.
Sommaire:

Le Mot du président
Section des Éleveurs
Aquariophile du mois
Petites Annonces


Articles:

Ameca splendens

Des méduses géantes envahissent la mer du Japon

Julidochromis regani

Le Monde Aquatique
Mars 2006


Ameca splendens

Le Monde Aquatique, Mars 2006.
Par ; Marie France Janelle,
Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec.


La famille des Goodéidae est composée de 40 espèces réparties dans 17 genres différents. Toutes ces espèces habitent une région du Mexique appelée « Mesa Centrale ». Il n’y a pas de Goodéidae en dehors du Mexique.
Ameca splendens est une espèce d’ovovivipare de la famille des Goodéidés. On retrouve de plus en plus cette espèce en aquariophilie. Le nom du genre « Ameca » fait référence au nom de la rivière où l’espèce est confinée. Le nom de l’espèce « splendens » signifie « brillant » et se rapporte aux couleurs du mâle. L’espèce Ameca splendens a été décrite il n’y a pas si longtemps. En effet, Miller et Fitzsimons en ont fait une très bonne description en 1971. Cette espèce se retrouve dans la rivière Ameca et de la rivière Teuchitlán au Mexique. Ces rivières sont situées dans l’ouest du pays et vont se jeter dans l’Océan Pacifique. La rivière Ameca coule tout près de la ville de Puerto Vallarta. Ce sont des rivières aux eaux claires, avec un fond rocheux et beaucoup de végétation.

Ameca splendens aime les eaux plutôt chaudes, entre 26 et 32°C. Par contre, en aquarium, il se contente d’une eau variant entre 18 et 32°C.
Ce poisson a une apparence massive et robuste. Le mâle mesure 6 à 8 cm et la femelle, entre 7 et 12 cm. Les nageoires du mâle sont plus grandes que celles de la femelle. Il est plus massif et sa nageoire caudale est aussi plus longue que chez la femelle. La nageoire caudale du mâle est divisée en 3 croissants de couleur distincte. Le croissant externe est jaune-orangé brillant, celui du centre est noir et la base de la queue est de couleur blanc crème. Les nageoires anales, pectorales et pelviennes sont aussi de couleur jaune-orangé. La nageoire dorsale est grise et peut présenter des marges plus ou moins larges de couleur jaune. Le corps du mâle présente des écailles brillantes qui réfléchissent des teintes de bleu turquoise. La tête et l’abdomen sont jaune doré. Le dos est plutôt brun olive. La femelle est vert jaunâtre sur tout le corps et présente seulement quelques écailles aux reflets bleu turquoise sur les flancs.

Ameca splendens ne peut pas s’hybrider avec Xenotoca eiseni, Characodon lateralis, Xenotoca variata, Xenophorus captivus, même si ces espèces sont aussi dans la famille des Goodéidés. Il n’y a donc pas de danger d’hybridation si les Xenotoca eiseni sont gardés dans le même bac que les Ameca splendens.
La reproduction en aquarium ne présente pas de difficultés particulières.
Contrairement à ce qui est observé chez les Poeciliidae, les mâles Ameca splendens ne possèdent pas de spermatophores et les femelles n’emmagasinent de sperme. Chaque fertilisation mène à une portée d’alevins. Chez les Poeciliidae, une fertilisation peut mener à plusieurs pontes consécutives.
La nageoire anale du mâle présente une petite entaille. Les mâles de la famille des Goodéidae n’ont pas un gonopode comme chez les mâles des Poeciliidae. C’est ce qui fait la différence entre ces 2 familles.

L’intervalle entre chaque portée est plus grande que chez les Poeciliidae. En aquarium, le temps minimum observé entre 2 pontes est d’environ 54 jours. Une portée est composée en moyenne de 7 alevins, mesurant 14 mm chacun.

Comme chez les autres membres des Goodéidés, les femelles Ameca splendens ne possèdent qu’un seul ovaire. À la naissance, les petits présentent entre 2 et 5 trophotaeniae. Ce sont des structures en forme de ruban situées à la base de l’anus. Les trophotaeniae permettent à la femelle d’échanger des éléments nutritifs avec les alevins durant leur séjour dans le ventre de leur mère. Les trophotaeniae vont tomber d’eux-mêmes après 24 ou 36 heures.

L’intestin des Ameca splendens est très long, mesurant 4 fois et demie la longueur totale du poisson. Ces poissons n’ont pratiquement pas d’estomac. Ces caractéristiques indiquent qu’ils sont herbivores. Ils acceptent toutefois très bien la nourriture d’origine animale.

Cette espèce n’est pas particulièrement agressive. Les mâles peuvent parfois rivaliser entre eux et devenir territoriaux mais sinon, ils sont relativement paisibles.

Les Ameca splendens, ainsi que d’autres membres de la famille des Goodéidae, ont une particularité intéressante. Pendant les interactions agressives, les yeux des poissons, mâles et femelles, changent de couleur. L’iris de l’œil présente alors une ligne noire verticale qui passent au travers de la pupille. L’individu qui « perd » le combat présentera un œil complètement noir (iris et pupille). Si les 2 individus sont de force égale, les yeux des 2 poissons deviendront complètement noirs. Les yeux complètement noirs sont une indication que le poisson abandonne l’idée de combattre.

Si les Ameca splendens ont à être déplacé durant une période de temps relativement longue, il est prudent de mettre un seul individu par sac. Ces poissons ont tendance à s’agiter et peuvent se blesser s’ils sont en groupe dans un même sac.

Références:

Ameca splendens, a new genus and species of Goodeid fish from Western México, with remarks on the classification of the Goodeidae, Miller, R.R., Fitzsimons,J.M., Copeia, 1971 (1) p. 1-13 Eye-color changes during aggressive displays in the Goodeid fishes, Kingston, D.I., Copeia, 1980 (1) p. 169-171 Aquarius Atlas, volume 2, Baensch, H.A., Riehl, R., Édition Mergus, 1997 Guppies, Mollies, Platys, A complete pet owner’s manual, Hieronimus,H., Editions Barron’s, 1991 Livebearing fishes, Scott, P.W., Éditions Tetra Press, 1987 Biochemical systematics of the viviparous fish family Goodeidae, Grudzien, T.A., White, M.M., Turner, B.J., Journal of Fish Biology, 40, p.801-814, 1992


Des méduses géantes envahissent la mer du Japon

Le Monde Aquatique, Mars 2006.
Par ; Jérôme Fenoglio,
LeMonde.fr 05/01/2006.


Avec ses 200 kg et ses 2 mètres d'envergure, elle n'est même pas la plus monstrueuse des méduses. D'autres peuvent s'enorgueillir d'ombrelles (leur corps) encore plus volumineuses, de tentacules s'allongeant jusqu'à 35 mètres, de venins presque immédiatement mortels pour l'homme. Mais, pour les pêcheurs japonais, la méduse d'Echizen, comme on l'appelle localement, est devenue la plus pesante. Elle s'est imposée en masse cet automne, au plus fort de la pêche au saumon, dans les filets qu'elle a parfois fait céder sous son poids et où elle a souvent écrasé ou empoisonné les prises. Au point qu'en certains ports, la campagne a dû être suspendue, au prix de lourdes pertes financières.

A vrai dire, les riverains de la mer du Japon ne viennent pas de découvrir cette géante, que Jacqueline Goy, spécialiste des méduses associée à l'Institut océanographique de Paris, classe dans la famille des cyaneas. Elle naît et grandit en mer de Chine orientale, puis se laisse emporter par les courants vers le nord. La nouveauté ne tient pas à ces flux, jusqu'ici raisonnables, mais aux proliférations constatées en 2005, après celles de 2002 et de 2003. Cette année, les proportions sont telles que les masses gélatineuses ont débordé sur la côte Pacifique du Japon.

"ELLES PULLULENT TOUTE L'ANNÉE"
Comment expliquer cette surpopulation brutale ? Les chercheurs connaissent mal ces géantes, que leur taille rend très difficile à élever en laboratoire. Mais il semble que la principale explication soit liée à un accroissement des stocks de nourriture nécessaire au développement de ces carnivores. Des observateurs ont mis en avant les fortes pluies en Chine, cet été, qui ont pu déverser davantage de nutriments dans les fleuves. "Emportés par le ruissellement, les engrais utilisés par l'agriculture ont pu être charriés en quantité plus importante jusqu'à la mer", estime Mme Goy. Là, ils ont contribué au développement du phytoplancton, le plancton végétal, dont se repaît le zooplancton, animal, qui constitue le plus gros de la nourriture de ces méduses.

Outre l'agriculture, une autre activité humaine, pratiquée avec excès, a sans doute joué un rôle crucial. "En éliminant les poissons en masse, la surpêche a libéré des quantités d'aliments qui sont devenus disponibles pour d'autres espèces de prédateurs, particulièrement les méduses, très voraces", dit Mme Goy. En dévorant les oeufs ou les alevins des poissons, les méduses en surnombre accentuent encore ce déséquilibre.

Loin du Japon, ce phénomène est devenu flagrant en mer du Nord, en mer Rouge, mais surtout en Baltique et en mer Noire, en passe de perdre leurs derniers bancs de harengs ou d'anchois et de se transformer en "soupes de méduses". Selon Mme Goy, ces deux mers presque fermées souffrent, en plus, d'un réchauffement ponctuel, lié aux rejets d'eaux plus chaudes par les centrales thermiques qui les bordent. "Les températures hivernales se sont élevées et les méduses ne reconnaissent plus les saisons qui peuvent réguler leur reproduction. Elles se mettent à pulluler toute l'année."

Quelles que soient les causes locales, les pêcheurs sont de plus en plus nombreux à se plaindre, dans le monde, du nombre croissant de méduses remontées dans leurs filets. Les géantes de la mer du Japon ne seraient que les indices les plus impressionnants d'une tendance de fond. La vision de Jules Verne, qui prédisait, dans Vingt mille lieues sous les mers, des océans vidés de leurs poissons et de leurs mammifères et "encombrés de méduses", menace de prendre forme.



Julidochromis regani

Le Monde Aquatique, Mars 2006.
Par ; N/D,
Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec.


Le lac Tanganyika est le lac le plus profond du monde après le lac Baïkal : sa profondeur maximum atteint 1500 mètres. La zone profonde, riche en hydrogène sulfuré, est impropre à la vie. La zone oxygénée ne dépasse pas les cent premiers mètres, qui seuls sont peuplés.
Environ 70% de la faune est composée d'espèces endémiques, c'est à dire d'espèces n'existant pas ailleurs. L'existence de ces espèces particulières au lac Tanganyika (même situation pour le lac Malawi) est due à l'évolution d'une faune primitive, isolée par des barrières géographique depuis des millénaires.
Il est presque certain aujourd'hui, qu'il n'existe nulle part ailleurs, que ce soit en Amérique du Sud ou en Afrique, des biotopes qui aient accueilli autant de cichlidés appartenant aux deux groupes (nidificateurs et buccaux).
Ce sont les cichlidés : 135 espèces sur 141 qui ont la proportion endémique la plus importante. Le Julidochromis qui en fait partie, partage son domaine avec des anguilles, poissons chats géants ou nains, qui sont tous carnivores et presque tous prédateurs de poissons. On retrouve un spécimen tous les deux ou trois mètres et même davantage. Le Julidochromis vit en contact direct avec le sol, il y trouve sa nourriture le plus souvent en picorant les roches. Son gîte est constitué le plus souvent dans les failles, les crevasses et fentes très étroites.
Il démontre son adaptation à n'importe quelle position, que ce soit sur le dos, le flanc, la tête en bas ou en haut. Il est très territorial, mais quand la cavité est vaste, il partage avec d'autres poissons et même avec d'autres couples de la même espèce, chacun se réservant un espace pour son usage personnel.
Les Julidochromis possèdent une connaissance approfondie de leur environnement. Alors qu'il est entouré par les parois des éboulis qui lui cachent la vue, c'est sans aucune hésitation qu'il y zigzague en direction de son gîte situé à plusieurs mètres de distance dans le dédale des éboulis.
Les Julidochromis vivent au contact direct presque constant avec les autres hôtes des recoins obscurs, c'est -à-dire, les non-cichlidés qui y pullulent. Ils parviennent à s'y maintenir grâce à une série d'adaptations dont l'une est son mode de reproduction qui assure le maintien de l'espèce dans un habitat où les risques de prédation sont énormes.
Les femelles peuvent périodiquement, pondre à volonté une grande quantité d'œufs, en moyenne toutes les quatre ou six semaines, ou à intervalle plus rapproché, un petit nombre d'œufs. Les alevins n'ayant pas tous la même taille, un nombre plus restreint atteignent leur indépendance. Les parents qui sont surtout occupés à protéger la ponte la plus récente, accordent moins d'attention aux alevins plus âgés, ainsi, ces derniers prennent l'iniative de s'écarter et de se familiariser progressivement avec leur environnement.
Ils débouchent d'abord, dans la cavité principale où ils entrent en contact avec des alevins d'autres espèces.
Il y a autour du nid des Julidochromis, une émigration continue d'alevins qui s'aguerrissent et finissent par quitter le récif rocheux pour chercher un territoire qui leur soit propre et c'est sans doute en même temps qu'ils trouvent leurs futurs partenaires.
Le Julidochromis regani peut atteindre 15 cm. En règle générale, ces poissons possèdent quatre bandes sur la longueur, sombre sur fond jaunâtre. Certaines races semblent avoir des bandes plus claires et une couleur de fond plus sombre. Pour d'autres, les nageoires possèdent des dessins, d'autres les nageoires sont presque incolores. C'est aussi le plus grand de l'espèce Julidochromis.
La variété que je possède provient probablement de la région du Burundi à la pointe nord du lac Tanganyika, c'est un poisson plutôt sombre avec de la coloration aux nageoires. Il est de couleur brun noir et jaune.
Dans son milieu naturel, il se nourrit d'animalcules se trouvant dans les algues du substrat. En aquarium, les nourritures sèche et congelée sont acceptées.
Un bac de 45 litres (10 gallons) peut suffire pour un couple qui s'entend bien, mais un bac plus grand qui contient d'autres espèces, Lamprologus, Chalinochromis, est préférable. Je n'ai réussi à les faire pondre qu'en bac communautaire. Le couple seul dans un petit bac s'entendait très bien mais ne donnait pas de signe de ponte.
Un bac d'un mètre et quart avec un amas de briques, pots roches, galets et plantes, avec un trio de L. daffodil, un J. dickfeldi et L. moori comme compagnons, la ponte a eu lieu. Ce n'est que par interprétation ou supposition sur le comportement que l'on peut se rendre compte qu'une ponte a eu lieu, car bien souvent, l'aquariophile constate qu'il y a eu ponte lorsqu'il aperçoit des alevins relativement grands, nageant dans le bac.Le J. regani n'est pas très productif. De 4 à 15 alevins constituent une ponte moyenne, et les pontes sont espacées de trois semaines à six mois. Mon couple produit une douzaine d'alevins au deux mois.
Dans un bac communautaire, correctement agencé, il n'est pas nécessaire de fournir d'aliments spécialement pour les alevins, lors du nourrissage des adultes, les petites particules en supplément suffisent à les nourrir.

ARAQ © Tous droits réservés (PLD) 2003.