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Comment les cichlidés du lac Victoria se nourrissent

RASBORA TRILINEATA

Un gène du Danio impliqué dans la couleur de la peau

Le Monde Aquatique
Février 2006


Comment les cichlidés du lac Victoria se nourrissent

Le Monde Aquatique, Février 2006.
Par ;

http://perso.wanadoo.fr/victoria-cichlids/index.html

Le fantastique succès des cichlidés des lacs africains a été attribué en grande partie à leur faculté d'adaptation. Quand les premiers cichlidés fluviatiles pénétrèrent dans le lac, leur premier objectif fut la recherche de nourriture. Cette dernière fut principalement constituée d'insectes, de crustacés et d'autres invertébrés que les cichlidés avaient l'habitude de consommer dans les rivières. Au commencement, le lac offrit une immensité dans laquelle la nourriture était abondante. Ceci au point que la nourriture et l'espace disponible bouleversèrent les premières adaptations et spécialisations ; des nouvelles espèces virent le jour en s'adaptant à d'autres types de nourriture. Ceci était d'autant plus facilité par le fait que la compétition dans le lac était pratiquement inexistante. Les autres espèces de poissons d'eaux douces que les cichlidés ne peuvent pas supporter une eaux alcaline (pH7), et certaines espèces sont obligés de quitter le lac pour les rivières plus douce et acide pour pouvoir se reproduire.
C'est donc à partir de leurs ancêtres que les cichlidés évoluèrent en différentes espèces que l'on rencontre aujourd'hui avec des structures spécialisées telles que des mâchoires protubérantes, des dents modifiées adaptés à différents types de d'organismes alimentaires.

Présentation des espèces

LES PISCIVORES

Ayant pour base alimentaire d'autres poissons (ou parties de poissons), ce groupe a été subdivisé selon les proies attaquées : les piscivores au sens large, les pédophages qui se nourrissent d'œufs, d'embryons ou d'alevins et les mangeurs d'écailles.

1) Les piscivores au sens large

Toutes les espèces sont endémiques et ont une distribution sur l'ensemble du lac, variant dans des profondeurs allant de 1 à 50 mètres. Bien que pélagiques pour la plupart, certaines espèces occupent des territoires dans les baies peu profondes ou au milieu des blocs rocheux. Les proies se composent principalement de cichlidés. Suivant la taille des individus ou des espèces, les prédateurs s'attaquent à des alevins ou à des juvéniles. Les espèces du littoral se reproduisent toute l'année alors que les espèces pélagiques fraient de manière saisonnière. Les piscivores de pleine eau ont pratiquement disparu suite à l'introduction de la perche du Nil. Vendue sous le nom Haplochromis sp. " Torpedo Rock Kribensis ", cette espèce semble être Haplochromis sp. " orange rock hunter " qui vit dans les eaux du littoral inférieures à 10 mètres. La particularité de ces cichlidés réside dans le fait qu'ils sont les seuls haplochrominiens connus à pratiquer l'incubation buccale bi-parentale.

2) Les pedophages

Toutes endémiques et réparties dans tous les compartiments du lac, ces espèces peuvent être classées en deux groupes. Les cichlidés qui " volent " les œufs déposés par les femelles lors des pontes pour qu'ils soient fécondés par le m‚le avant d'être repris en bouche, et les espèces qui dérobent les œufs, embryons ou alevins qui sont dans la bouche des femelles incubant. Là encore, deux techniques sont utilisées. La première consiste à plaquer la bouche contre la bouche de la femelle incubant et d'aspirer violemment pour extirper des proies. La deuxième consiste à percuter les flancs de la femelle incubant, afin de provoquer l'ouverture de la bouche et de libérer les proies qui sont immédiatement collectées. La période de ponte de ce groupe se situe entre mars et mai (saison des pluies). Les espèces de ce groupe, notamment Astatotilapia babarae qui est fréquemment proposé en magasin, semblent avoir disparu du lac.

3) Les mangeurs d'écailles

Recensées dans le sud du lac, les deux espèces de ce groupe sont endémiques. Poissons benthiques, ils vivent sur la vase et se nourrissent principalement des parasites captés sur les autres poissons (notamment les poissons-chats). L'introduction de la perche du Nil semble leur avoir été fatale.

LES MOLLUSCIVORES

Sont classés dans ce groupe les espèces qui se nourrissent de mollusques, de bivalves et des gastéropodes. Une subdivision a été effectuée en fonction de la technique de captage de la proie. Les malacophages broyeurs emploient leur puissante dentition pharyngienne pour concasser les coquilles des escargots avant de les manger. Les malacophages gobeurs quant à eux se saisissent de la proie se trouvant en partie à l'extérieure de la coquille et l'arrache de cette dernière.

1) Les malacophages concasseurs pharyngiens

Ce groupe est représenté dans tout le lac ; à l'exception d'Astatoreochromis alluaudi, toutes les espèces sont endémiques du lac. Vivant sur les fonds de tous types de substrat, elles sont localisées à des profondeurs variant de 1 à 30 mètres. Les Mélanoïdes semblent être l'alimentation de base, mais bivalves ou autres mollusques et larves d'insectes sont également au menu. Il n'y a pas de période de frai particulière et les pontes s'effectuent sur le lieu d'habitat. Il semble que la plupart des espèces soient éteintes suite à l'introduction de la perche du Nil . Il est encore possible de trouver dans certains magasins Astatoreochromis alluaudi et Haplochromis ismaeli.

2) Les malacophages gobeurs

Toutes les espèces sont endémiques. Ce groupe est représenté sur l'ensemble du lac. Habitant sur les fonds sablonneux de 1 à 30 mètres de profondeur, ces cichlidés privilégient les zones inférieures à 10 mètres depuis l'introduction de la perche du Nil. La période de frai s'étale sur toute l'année. Les espèces Haplochromis sp. " red tail sheller " provenant d'Ouganda et Haplochromis (Ptyochromis) xenognathus sont maintenues à l'heure actuelle en aquarium et leur comportement concernant le gobage des gastéropodes est fascinant.

LES INSECTIVORES

Exception faites de Haplochromis (Psammochromis) riponiamus que l'on trouve dans le Nil Victoria et d'Astatotilapia nubila qui ont colonisé les lacs Kyoga, Nabugabo, George et Edward, les autres espèces de ce groupe sont endémiques. Implanté dans tout le lac, ce groupe se trouve représenté dans chaque type d'habitat. En complément des larves d'insectes, pupes et insectes adultes qu'elles consomment, les espèces de ce groupe s'alimentent de proies trouvées sur le lieu d'habitat (détritus, phytoplancton, zooplancton, poissons, mollusques...). Peu d'informations sont détenues sur le mode de reproduction de ces espèces. Deux espèces sont disponibles dans les magasins spécialisés : Haplochromis (Psammochromis) riponiamus, Astatotilapia nubila. Il semble que ces cichlidés ne proviennent pas du lac mais des autres lacs ou fleuves où ils sont implantés. De plus, 4 à 5 espèces ressemblant à Astatotilapia nubila sont vendues sous la même dénomination.

LES MANGEURS DE CRABES

Haplochromis sp. " smoke ", seule espèce recensée dans ce groupe, vit à des profondeurs comprises entre 1 et 3 mètres. Il s'abrite dans les interstices des blocs rocheux qu'il affectionne. Le mode de reproduction reste inconnu. La nourriture de base est bien entendu le crabe, mais les juvéniles consomment également crevettes et larves d'insectes. Pas de spécimen recensés en aquarium.

LES MANGEURS DE CREVETTES

Entièrement endémiques, ces espèces que l'on trouvait dans tout le lac semblent avoir disparu suite à l'introduction de la perche du Nil. Occupant la colonne d'eau de 6 à 30 mètres, elles s'alimentent de crevettes et de zooplancton. Ayant un rythme de reproduction saisonnier, peu d'informations sont détenues sur le mode de reproduction. Aucune espèce ne semble être maintenue en captivité.

LES ZOOPLANCTONOPHAGES

Ici encore le groupe est réparti sur l'ensemble du lac et toutes les espèces sont endémiques. Les espèces évoluent entre 4 et 5 mètres de profondeur, sur des fonds vaseux. La nuit venue, les poissons pélagiques des eaux profondes migrent vers la surface pour se nourrir. Le type d'alimentation varie suivant les horaires. La journée, les proies prédominantes sont des Copépodes alors que pendant la nuit, les Zooplanctonophages remontent à la surface pour absorber des larves d'insectes.
La majorité des espèces fraient saisonnièrement, notamment pendant la période sèche (de mai à octobre). Des bancs se constituent dès lors sur des aires bien délimitées, répartis par espèce à travers la colonne d'eau. Les alevins se réfugient généralement dans les baies peu profondes pour s'y développer. Ce groupe, notamment pour les espèces pélagiques, a été décimé par l'introduction de la perche du Nil. Seuls Haplochromis (Yssichromis) laparogramma, Haplochromis argens et Astatotilapia piceata semblent être maintenus en aquarium notamment par le musée d'Horniman à Londres, l'université de Bielfield en Allemagne et l'université de Leïden en Hollande qui participent à un programme commun de maintien en survie de certaines espèces menacées de cichlidés.

DETRITIVORES/PHYTOPLANCTIVORES

Les espèces de ce groupe sont toutes endémiques du lac Victoria. Elles sont réparties sur la majeure partie du lac. Vivant sur les fonds vaseux de 2 à 30 m. de profondeur, elles sont particulièrement communes dans les régions sub-littorales et d 'eaux profondes. Elles se nourrissent de déchets récupérés dans la vase et de phytoplanctons tels que: diatomées, algues bleues et quelques algues vertes, ainsi que des larves d'insectes pour quelques espèces. La période de frai se situe de la fin de la saison des pluies au début de la saison sèche (avril à août) et s'effectue sur le lieu d'habitation des espèces. Certaines espèces d'eaux profondes viennent frayer vers la surface. Des hybridations peuvent se produire avec des espèces zooplanctonophages et insectivores. Haplochromis sp. " flameback " est l'espèce la plus couramment maintenue en aquarium. Dotée d'un caractère calme, il faut éviter de placer ce poisson en compagnie d'espèces agressives.

PHYTOPHAGES

Les trois espèces recensées sont endémiques du lac et ont été prélevées au sud. Rien ne prouve à l'heure actuelle que la répartition de ce groupe se limite à cette région (faute de prélèvement). Poissons pélagiques évoluant dans une colonne d'eau de 4 à 20 m., (toujours faute de prélèvement au-delà de 20 m., la profondeur exacte d'habitat est inconnue) ils se nourrissent de diatomées, d'algues bleues et vertes. Le frai a lieu toute l'année probablement près du littoral puisque des colonies d'alevins ont été relevées dans la partie sud du golf de Mwanza. (Goldsmidt, 1986).

LES RACLEURS D'ALGUES

Toute espèce consommant des algues est rassemblée dans le groupe trophique de racleurs d'algues. Deux sous groupes trophiques ont été créés afin de distinguer le substrat sur lequel les algues sont prélevées. Les brouteurs d'algues épilithiques qui regroupent les espèces consommant les algues se développent sur les rochers. Les brouteurs d'algues épiphytiques rassemblant les espèces se nourrissent d'algues se propageant sur les plantes.

1) Les brouteurs d'algues épilithiques

Toutes les espèces du lac sont endémiques. Elles ont une distribution sur l'ensemble du lac où l'on trouve des blocs rocheux. Chaque espèce posséde un endémisme local, c'est à dire que deux espèces pêchées à un kilomètre l'une de l'autre sont différentes et qu'un accouplement entre elles produiraient des hybrides. Vivant entre les failles des rochers à l'abri des prédateurs (principalement des oiseaux, tels que les cormorans ou des loutres), ces cichlidés se nourrissent essentiellement d'algues. Ils consomment également des diatomées et quelques insectes.
La période de frai se déroule tout au long de l'année. Les alevins se réfugient dans les rochers. Les m‚les de ce groupe sont territoriaux. Il est nécessaire de posséder de grands bacs pour les maintenir afin d'éviter les affrontements entre les espèces. Les risques d'hybridation sont importants à l'intérieur du même groupe trophique. Les espèces les plus souvent maintenues en aquarium sont Neochromis rufocaudalis (ex-"nigricans") et Neochromis greenwoodi (ex-" velvet black ") et mesurent une quinzaine de centimètres à taille adulte. 2) Les brouteurs d'algues épiphytiques.
Ce groupe se trouve représenté dans toutes les régions du lac Victoria. La plupart des espèces sont endémiques à l'exception de Haplochromis obliquidens et Haplochromis (Xystichromis) nuchisquamulatus qui sont également présents dans le Nil Victoria. Les espèces habitent le littoral peu profond où la végétation (principalement du papyrus) émerge. Sept espèces sont connues à ce jour et trois ont déjà été décrites. Cependant, aux vastes côtes que comprend le lac, il est à supposer que d'autres espèces restent méconnues. Les brouteurs d'algues épiphytiques raclent les plantes pour prélever les algues bleues et vertes qui s'y développent ou les collectent à même le sol. très peu d'informations en général et plus particulièrement sur le mode de reproduction de ce groupe sont connues à l'exception de Haplochromis obliquidens qui fraie toute l'année.

LES MANGEURS DE PLANTES

Les deux espèces connues et décrites Haplochromis (Psammochromis) acidens et Haplochromis (Xystichromis) phytophagus (Greenwood, 1966) ont été recensées dans la partie nord du lac, en Ouganda et au Kenya. Leur habitat situé sur le littoral peu profond , est composé de plantes à racines. Elles se nourrissent des tissus de plantes, d'algues et de diatomées récoltées sur les plantes, et parfois d'insectes. Le mode de reproduction est inconnu.



RASBORA TRILINEATA

Le Monde Aquatique, Février 2006.
Par ; Julien Poupard, Bulletin de Liaison, février 1983.


J'avais lu que le Rasbora trilineata, originaire d'Indonésie, est un poisson relativement facile à reproduire, que c'est un animal robuste qui pond de grandes quantités d'œufs et que ses alevins se développent facilement et rapidement. Il atteint 7 cm en aquarium, mais pourrait atteindre 14 cm en nature.
Après la visite de quelques Pet Shops, j'avais trouvé six spécimens en bonne condition. Ils ont passé deux mois dans mon aquarium communautaire avec des tétras. Le Scissortailed Rasbora est assez difficile à conditionner convenablement. Je les nourrissais quatre fois par jour aux tubifex, artémias et flocons. Malgré ce régime gargantuesque, c'est à peine s'ils ont engraissé.
J'ai essayé de les faire s'accoupler à six reprises et à chaque fois, les mâles ont superbement ignoré leur devoir conjugal. Suite à ces échecs, je suis retourné au magasin et imaginez la tête du commis quand je lui ai demandé trente Rasboras. J'ai pas arrangé les choses quand je lui ai dit qu'ils sont délicieux avec des cornichons et de la mayonnaise... Je me retrouvais avec toute une école et je croyais que mes chances de succès seraient meilleures. La suite me donna raison.
La préparation de l'aquarium de ponte fut laborieuse. Je l'ai nettoyé, brossé et javellisé pendant deux jours, puis rincé à fond. La filtration du bac de 24 pouces, d'une capacité de 18 gallons, était assurée par un filtre éponge et un filtre de coin. Un grillage recouvrait le fond pour protéger les œufs, alors que des touffes de laine tenaient le rôle de plantes.
J'ai utilisé 14 gallons d'eau déminéralisée mélangés à un gallon d'eau filtrée sur tourbe et deux gallons d'eau de source de marque Spa. Le pH a été ajusté à 6.5 et le DH s'est stabilisé à un degré. J'ai laissé cette soupe mijoter pendant 5 jours à 80°F. Puis j'ai introduit huit poissons, 3 femelles et 5 mâles, et quatre heures plus tard, j'ai assisté à un spectacle inqualifiable. Imaginez les 5 mâles s'accouplant en même temps avec une seule pauvre petite femelle ! Ils la pourchassaient et l'entouraient à travers les touffes de laine.
Après que j'ai retiré les parents, j'ai obscurci le bac. L'éclosion s'est faite en 24 heures. À leur naissance, les alevins font 1.5 mm de long, ils nagent trois jours plus tard. Leur première nourriture a été du Liquifry puis des micro-vers. Ils ont été rapidement capables d'avaler des artémias. J'ai fait des changements d'eau réguliers pour maintenir une bonne qualité d'eau. À trois semaines, ils avaient toutes les couleurs des adultes et mesuraient deux centimètres.
Après un mois, me restait trois cent petits. J'évalue le taux de mortalité à 5%.



Un gène du Danio impliqué dans la couleur de la peau

Le Monde Aquatique, Février 2006.
Par ;



C'est le taux de mélanine, un pigment qui a la propriété de protéger des rayons ultraviolets, qui détermine la couleur de l'épiderme. Une équipe internationale a annoncé l'identification d'un gène impliqué dans l'expression de la pigmentation du poisson-zèbre - ou Danio rerio - et du gène équivalent chez l'homme qui, apparemment, joue un rôle significatif dans la différence de couleur de peau entre Africains et Européens", note Science. Ce nouveau gène a été nommé SLC24A5.
Axant leurs travaux sur les gènes responsables du cancer, les chercheurs se sont intéressés à une mutation du poisson-zèbre qui éclaircit ses raies, habituellement sombres et riches en mélanine. "L'équipe de Cheng a identifié le gène mutant et a découvert que celui du poisson-zèbre correspond à 69 % de la séquence du gène humain SLC24A5."
Par la suite, les scientifiques ont recherché des variations génétiques parmi les humains et ont remarqué qu'il y avait deux allèles - ou mutations du gène de départ - principaux qui distinguent d'un côté les populations africaines et d'Asie du Sud-Est et de l'autre les populations européennes. D'après ces chercheurs, "25 à 38 % des différences de couleur de peau entre Européens et Africains peuvent être attribuées aux variations du SLC24A5", résume Science.
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