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Association Régionale des
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Expériences de frontosa

Cyprichromis leptosoma

Botia macracantha

La guerre génétique
Le Monde Aquatique
Novembre 2002 - vol 32


Expériences de frontosa

Le Monde Aquatique, novembre 2002, vol-32, p. 6.
Par ; Yannick Verrette,
Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec.


Bonjour,
J'ai écrit cet article dans le but de vous partager ma passion et certaines de mes expériences avec les cyphotilapia frontosa, majestueux cichlidé du lac Tanganyika. Certains de mes apprentissages furent plutôt coûteux et très désappointants. Cet article pourrait peut-être vous permettre d'économiser argent, poissons et patience!
Il y a environ deux ans j'ai appris qu'il y avait plusieurs variétés de frontosa, chacune ayant leurs caractéristiques physiques propres. Je possédais déjà un groupe de cinq frontosa Burundi (blancs) et, à cette époque, je m'étais procuré un groupe de cinq frontasa Mpimbwe (blue face).Ce que j'ai constaté, avec grand regret, est que les frontosa Mpimbwe croquaient et mangeaient leurs cohabitants, malgré que ces derniers avaient une taille appréciable (Mpimbwe 10 pouces, cohabitants 4-5 pouces). Ces attaques survenaient toujours la nuit, par contre les frontosa Burundi (7 pouces) n'attaquaient jamais, même si certains de leurs cohabitants n'atteignaient pas trois pouces! Je conclu donc que les frontosa Mpimbwe étaient plus prédateurs et n'ayant pas l'espace pour les isoler, je me suis départi de mon groupe de frontosa Mpimbwe.

Dernièrement, ayant de nouveaux bacs et des poissons plus gros à ma dispositions, j'ai fait l'acquisition d'une nouvelle variété de cyphotilapia frontosa décrite depuis peu de temps, soit la variété de Mabilibili (cobalt face;frontosa à six bandes au corps haut et au visage bleu poudreux). Le seul " HIC " c'était l'absence de documentation sur cette variété de frontosa. Je me suis quand même procuré deux couples de sujets sauvages dont le mâle dominant atteint près de douze pouces, je les ai placés dans une 130 gallons avec des poissons mesurant minimum cinq pouces. Mais, malheureusement un jours, moins d'une semaines après leurs arrivée dans le bac, j'ai retrouvé les ¾ restant d'une femelle placidochromis elecra jonchant le sol!

Par la suite, j'ai fait des recherches pour déterminer quelles variétés de frontosa étaient prédatrices. Pour ainsi pouvoir comprendre pourquoi les frontosa Malibili et les frontosa Mpimbwe avaient fait des victimes en moins d'une semaines tandis que les frontosa Burundi n'ont jamais fait de victime et ce depuis plus de deux ans (maitenant je maintien un groupes de onze individus dont le mâle dominant mesure environs dix pouces avec des aulonocara ngarra de quatre pouces dans une 108 gallons). Je tentais aussi de trouver un liens entre les variété plus prédatrices pour pouvoir déterminer, sans faire de victime, le comportement de certaines variétés de frontosa pour lesquelles il n'y pas ou peu de documentation.

Je savais déjà que les frontosa étaient piscivores et j'avais malheureusement constaté que certaines variétés étaient plus prédatrices. En faisant mes recherches j'ai appris que les fontosa vivaient assez profondément dans le lac Tanganyika ( environ 100 pieds) et qu'à l'aube ils remontent le long des berges et mangent des petit poissons (entre autre des cyprichromis leptosoma ) affaiblis ou même endormis. Cependant, grâce aux miracles de l'évolution et de l'adaptation, certaines variétés plus voraces ont appris l'art du camouflage, ils ont développés un visage plus foncé (bleu ou gris) ce qui leurs permet de se confondre avec les sombres profondeurs du lac, il peuvent ainsi attraper des poissons plus gros et plus vigoureux. À l'opposé les variétés n'ayant pas d'attrait pour la prédation n'ont pas subit ce changement de coloration du visage, il est encore blancs (comme mes frontosa burundi).

En conclusion, je dirais que le cyphotilapia frontosa est le poissons le qui me passionne le plus, mais qu'il faut toujours porter une attention particulière au choix de variété que vous ferez. De plus, si vous désirez garder vos frontosa dans un bac communautaire, vous devrez faire preuve de minutie dans le choix des cohabitants que vous lui offrirez.



Cyprichromis leptosoma

Le Monde Aquatique, novembre 2002, vol-32, p. 12.
Par ; Peter Jowsey,
Huronia Aquarium Society, Mai 1997.


Je voulais obtenir quelques Cyprichromis leptosoma pour mettre un peu de vie dans un bac de 50 gallons occupé par un couple d'Altolamprologus compressiceps et 6 jeunes Julidochromis dickfeldi. La seule chose qui semblait bouger dans ce bac était les feuilles des plantes.
La première fois que j'ai vu des leptosoma , je me suis demandé qui avait décidé que ces sardines ternes étaient des cichlidés. Dans le bac de l'animalerie, 6 de ces poissons, mesurant un pouce de longueur, étaient immobiles, la tête vers le bas à environ 60 degrés.
Le vendeur m'a finalement convaincu que c'était vraiment des cichlidés et que dans un bac plus spacieux, ils seraient très actifs et colorés.
Après 3 mois de soins attentifs, beaucoup de vers de sang, artémias et flocons de qualité, les 6 leptosoma mesuraient 2 pouces et étaient devenus presque trop actifs. Les A. compressiceps n'attrapaient pas leur juste part de nourriture et quand ils entreprenaient leur rituel de ponte, les leptosoma les entouraient et restaient tellement près qu'ils nuisaient.
J'ai finalement déménagé les leptosoma dans un autre bac pour donner un peu d'intimité aux compressiceps.
Les leptosoma se sont retrouvé dans un bac de 65 gallons, avec 4 Cyphotilapia frontosa de 4 pouces, un couple de J. marlieri et 8 Labidochromis caerulus dans un décor comprenant beaucoup de roches. Les 6 leptosoma mesuraient maintenant 2 ½ pouces, 3 mâles et 3 femelles. Le mâle dominant a la nageoire caudale jaune brillant, la dorsale bleu clair ainsi que la tête, et les nageoires ventrales blanches. Les mâles dominés sont moins colorés. Les femelles sont brun clair, leur dorsale est teintée de jaune alors que la caudale est bleutée.
Graduellement, les femelles se sont remplies d'œufs, et le mâle a commencé à s'y intéresser plus qu'à ses rivaux. C'était étrange de voir ce petit poisson réussir à repousser les gros frontosa et les caerulus pour occuper le haut de la partie centrale du bac.
Le bac était monté depuis 18 mois et les conditions d'eau étaient : pH 8,8, dureté + de 300ppm, pas d'ammoniaque ni de nitrites, la température était de 79°F. Je changeais 10% de l'eau à chaque semaine.
Puis les premières pontes ont eu lieu. La femelle s'est placée environ 4 pouces sous la surface, inclinée à 60 degrés, tête vers le bas. Le mâle s'est placé derrière elle, tête appuyée sur son flanc, et les lèvres qui bougeaient rapidement.
La femelle pond un œuf à la fois, remarquablement gros et blanc; aussitôt que l'œuf tombait devant sa bouche, elle le prenait en bouche pendant que le mâle se plaçait devant elle et j'imagine, fertilisait l'œuf. Le bout des nageoires ventrales du mâle était blanc brillant. Ces étapes se sont répétées plusieurs fois, bien que seulement 5 œufs aient été pondus en tout.
En dedans d'une heure de la première ponte, les 2 autres femelles pondaient à leur tour avec le mâle dominant. Les essais des 2 autres mâles d'attirer leur faveur sont restés vains. Une des femelles a pondu 3 œufs, l'autre 4. Une fois la ponte complétée, les femelles se sont réfugiées dans les zones rocheuses pour échapper aux attentions des mâles.
Dix jours plus tard, j'ai transféré les femelles dans un bac d'alevins de 50 gallons. Elles se sont bien ajusté à cet environnement. Elles consommaient un peu de la nourriture distribuée aux alevins de Labidochromis caeruleus, Neolamprologus caudopunctatus et N. brevis. 23 jours après la ponte, tous les alevins ont été relâchés; la température de l'eau était de 80°F. Je m'attendais à ce qu'ils soient relâchés avant 23 jours, mais à ce moment, ils mesuraient 3/8 de pouce et définitivement à même de survivre sans problème.
J'ai transféré les femelles dans un bac de 15 gallons pour les engraisser. Les petits sont de couleur foncée, leur dorsale est jaune. Ils ne nagent pas en banc et ne restent pas près de la surface; ils se nourrissent en pleine eau.
Selon moi, les Cyprichromis leptosoma n'ont pas une " personnalité typiquement cichlidé " mais, comme le proprio du Pet Shop me l'avait dit, ils sont très actifs et colorés et un ajout attrayant à tout aquarium.



Botia macracantha

Le Monde Aquatique, novembre 2002, vol-32, p. 14.
Par ; Edith Korthaus,


Botia macracantha ou Loche-clown.
Rapports sur les déplacements vers les lieux de ponte :
De Riehl & Baensch 1982, p.320, selon les données verbales du Dr. Liem à Djakarta Botia macracantha pond au début de la saison des pluies dans le courant rapide des ruisseaux. Les poissons juvéniles poursuivent alors leur croissance dans les cours inférieurs des territoires d'embouchures de Sumatra, Bornéo, l'île de Bangka et autres petites îles (Sonde).

D'après Edith Korthaus 1979 :
B. macracantha a des périodes de reproduction déterminées, à la fin d'une période sèche, juste avant le début d'une saison des pluies. Les géniteurs de12 à 15 cm se déplacent depuis les rivières profondes au débit important vers les cours d'eau adjacents et les forêts marécageuses dans les plaines. Le frai semble avoir lieu en banc. Les œufs sont verdâtres. Les poissons juvéniles en croissance se déplacent en bancs importants accompagnés d'énormes bancs de Rasbora, en aval des cours d'eau. Ils parcourent jusqu'à 500 Km. Dans les cours d'eau inférieurs, c'est alors la période de capture pour les collecteurs indigènes de poissons d'ornement. Voilà pourquoi les loches-clown ne sont pas disponibles toute l'année dans le commerce animalier. Une analyse d'eau donna les paramètres suivants : seulement 10 mS (microSiemens) à 27 C ; type d'eau = eau noire au pH 4,8...

Les 2 rapports ci-dessus extraits de "schmerlen " de Gerhard Ott 1988, p.34

Kai Erik Witte se base sur les mêmes sources plus d'autres, dans son article "périodicité des Loches " paru dans IGS Info-Brief n.3 / mars 88 :
Les B. macracantha vivent dans les plaines de l'Est de Sumatra et au Kalimantan-Tengah (Sud-Bornéo) dans les grandes rivières (zone à Brème). Une grande quantité de poissons matures émigre de ces régions vers les petits ruisseaux de montagne pour y frayer librement aux époques de frai qui à Sumatra se situeraient en janvier et du début mars au début juin et à Bornéo de juin à août. On rencontre des jeunes poissons qui sont déjà colorés, dans les embouchures. Les animaux de Kalimantan divergent par leur patron de coloration des animaux de Sumatra, et pour cette raison ne devraient pas être croisés. En dehors de la période de frai, les adultes vivent dans les grandes rivières ainsi que les jeunes poissons en pleine croissance. Selon E. Korthaus, les données relevées au Kalimantan-Tengah sont : eau très douce, pauvre en ions, très colorée et acidifiée par des acides humiques. Le pH situé entre 3,8 et 4,8. L'eau n'étant pas ombragée dans les larges rivières, la température monte fortement : 27 à plus de 30 C sont la règle. La nuit il n'y a pas de baisse notable à cause de la grande quantité d'eau. Les Botia macracantha vivent donc dans des conditions plus extrêmes que les fameux Symphysodon discus st S. aequifasciata, dont la majorité est pêchée dans la région des eaux mixtes (l'eau noire, l'eau blanche et l'eau claire). Pour l'est de Sumatra, je n'ai pas de données utilisables, l'eau y est souvent troublée par l'argile, même s'il se trouve aussi de l'eau noire. Cela devrait donc ressembler aux conditions divergentes de l'Amazonie, comme l'hydrologie de Sumatra le fait supposer. Dans son biotope, notre B. macracantha devrait se nourrir essentiellement de crevettes d'eau douce, de larves de moustiques rouges (vers de vase) et de déchets provenant des humains. Mais ne va-t-il pas de soi qu'en tant que futurs éleveurs nous donnions une nourriture de qualité à nos poissons ? ...
Il est plus intéressant de savoir pourquoi les loches "savent " quand il faut produire le frai. Il est permis de supposer que les ovules se forment avant la migration et qu'elles mûrissent pendant la migration. Chaque animal (et plante) supérieur possède une "montre intérieure " qui est importante pour sa vie.



La guerre génétique

Le Monde Aquatique, novembre 2002, vol-32, p. 16.
De la revue ; Québec Science,
http://www.cybersciences.com.


Après l'amélioration des récoltes, la lutte aux insectes nuisibles ou la production de médicaments, les manipulations génétiques serviraient maintenant à se débarrasser d'une espèce de poisson.
Australie
Un gène spécifique aiderait à faire disparaître une espèce de carpe. C'est ce qu'annoncent des chercheurs de l'Organisation australienne pour la recherche scientifique et industrielle du Commonwealth (CSIRO).
Ceux-ci ont introduit, chez l'animal, un gène appelé " sans fille ", qui empêche la production d'individus femelles. Une fois dans la nature, les mâles de cette carpe génétiquement modifiée pourront s'accoupler avec les femelles sauvages et provoquer leur disparition en ne donnant naissance qu'à des mâles.
L'expérience a déjà été réalisée en laboratoire. L'introduction d'une seule copie du gène a permis la production d'une série d'oeufs contenant 80% de mâles. Les généticiens tentent maintenant d'introduire plusieurs copies du même gène chez une espèce qui se reproduit rapidement. Ceci afin d'évaluer les effets du gène sur plusieurs générations de poissons.
La carpe, originaire d'Europe, a été introduite en Australie il y a une centaine d'années.
Aujourd'hui considérée comme une espèce nuisible, sa population représente jusqu'à 90% de celle des poissons dans certaines rivières de l'est du pays. Sa présence contribue grandement à la destruction de l'habitat et à la compétition avec les espèces indigènes.
Les chercheurs du CSIRO prévoient encore sept ans d'expériences avant de pouvoir introduire l'espèce génétiquement modifiée dans les rivières australiennes. Ils devront d'abord montrer que le gène ne risque pas de se transmettre d'une espèce à l'autre, provoquant ainsi la disparition d'espèces
indigènes.

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