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Association Régionale des
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Poisson monstre contre herbe monstre

UNE PLONGÉE MERVEILLEUSE

La réalisation d'un bac hollandais, les règles de bases

La petite histoire de comment ça marche

Le Monde Aquatique
Octobre 2003 - vol 33


Poisson monstre contre herbe monstre

Le Monde Aquatique, Octobre 2003, vol-33, p. 4.
Par ; Isabelle Cuchet, Québec Science
Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec.


Pour lutter contre une algue tueuse qui colonise le lac Austin, au Texas, les autorités ont lâché 1600 carpes dans les eaux du lac en février dernier. Un pari qui inquiète les écologistes. 08/04/2003 - Au Texas, le lac Austin est en train de se faire dévorer par une algue monstrueuse. Sans doute importée d'Australie ou d'Asie dans les années cinquante, Hydrilla verticilata tapisse aujourd'hui une bonne partie des bords du plan d'eau, étouffant peu à peu toute autre végétation. Pour la combattre, les riverains ont choisi une solution à son échelle, un lâcher de 1600 carpes effectué en février dernier. But de l'opération : dévorer le dévoreur.

En théorie, la carpe a toutes les qualités demandées : totalement végétarienne mais grosse mangeuse, le poisson semble tout à fait apte à débarrasser le lac d'un trop plein de végétation. De plus, les pisciculteurs ont fait attention à ne sélectionner que des carpes stériles de façon à ce qu'elles meurent sans succession après avoir effectué leur travail de nettoyage.

Mais l'opération inquiète tout de même les écologistes. Comme le rapporte le New York Times, il suffit que les carpes soient un peu trop nombreuses ou affamées pour que toute végétation disparaisse dans le lac. Les conséquences seraient pires que le mal. La qualité des eaux baissera, le lac pourrait même mourir d'asphyxie. D'autres craignent que les poissons ne parviennent à s'enfuir dans les rivières avoisinantes, ce qui aura pour effet de détruire la végétation en aval. La carpe n'a pas de prédateur, et si un seul poisson n'est pas stérile, une colonie de carpes risque de s'installer de façon définitive dans le lac.

Malgré les controverses, ce genre d'opérations a beaucoup de succès dans les pays occidentaux. En Australie, des chercheurs tentent même de créer une carpe transgénique qui serait rendue stérile afin d'être utilisée comme nettoyeur universel de lacs, fleuves et rivières.

Dernière modification : 08/04/2003



UNE PLONGÉE MERVEILLEUSE

Le Monde Aquatique, Octobre 2003, vol-33, p.6.
Par ; Claude Verreault,
Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec.


Par un beau 18 juin ensoleillé, je suis parti pour une baignade mémorable dans un magnifique lac aux environs de Québec dont je tairai le nom, de peur de réveiller le pêcheur qui sommeille en vous. Enfin, un premier bain dans un lac chaud!
M'étant baigné l'an passé au même endroit, je connaissais les places géniales où j'avais vu deux beaux gros achigans.
Bien harnaché, je nageais tranquillement vers la petite sortie du lac. Quoi de mieux que de troquer mes aquariums, que je ne peux qu'observer de l'extérieur, pour un aquarium géant, dont je fais partie intégrante avec mon arsenal de plongeur en apnée. Si je m'intéresse aux poissons d'aquarium, il n'en reste pas moins que les poissons indigènes de nos lacs ont aussi pour moi beaucoup d'intérêt.
Donc, en nageant vers la sortie du lac, sous l'eau, je voyais plein d'écrevisses, certains jusqu'à 8 pouces de long. Oups, à un moment donné, j'ai cru voir quelque chose bouger au loin. Je m'approche et qu'est-ce que j'aperçois ? un bel achigan. Je nage vers lui. À un pied de lui, il vient à un pouce de mon masque, recule, revient plusieurs fois. J'étais impressionné. Tout un tête-à-tête! J'ai pensé à la présence de bébés, les cherche et ne vois que le poisson, au fond. Ne voulant pas l'énerver, j'ai continué mon périple. Longeant un vieux fond de quai, j'aperçois un autre achigan, plus gros celui-là. Je m'approche. Wouaw ! Celui-là est tout panaché, beaucoup plus joli. J'espérais juste qu'il ne me voit pas comme une espèce menaçante ou encore qu'il ne lui prenne pas l'envie de croquer, pour voir ce que je goûte. Je m'approche. Il me charge, me frôle, à 6 pouces sous moi. Si vous aviez vu le spécimen! Je l'ai mesuré avec ma palme, il était plus long que mon avant bras. Pendant 20 minutes je l'ai examiné en me rendant compte finalement qu'il se tenait au-dessus d'un petit creux bien propre. En allant voir de plus près, je réalise qu'il était dans un nid et qu'il protégeait environ 800 petits alevins tout noirs. Je suis resté pour les examiner, cherchant à voir si c'était une femelle ou un mâle, dans l'intention de vérifier ensuite dans un petit livre sur les poissons d'eau douce que j'ai acheté pour 2 $ dans un encan de l'ARAQ. C'est dans ce livre que j'ai appris que ce sont les mâles qui gardent les petits.
J'ai repris ma nage jusqu'à la petite sortie du lac. Il y a 15 pieds d'eau avec beaucoup de beaux blocs de roche mis là par des humains, faisant de magnifiques caches à poissons.
En arrivant, j'aperçois une ombre au fond clair du lac. Je m'approche, curieux, et je vois un, deux, trois monstres. Je reste un peu et à un moment, ils sont jusqu'à 14 achigans. Je plonge et m'approche d'eux jusqu'à 6 pouces de mon masque. Dans l'eau, ils sont moins farouches. Ils sont vraiment beaux, dorés avec des zébrures vert lime et certains sont en plus zébrés vert foncé. J'essaye encore de voir la différence entre mâle et femelle mais ils se ressemblent beaucoup trop. J'essaie de graver dans ma mémoire les détails pour plus tard.
Imaginez ! passer une heure à travers un banc d'achigans très calmes et très curieux, qui me suivent quand je me laisse dériver tranquillement. À un moment donné, lorsque j'étais parmi eux sous l'eau, ils m'ont approché tous ensemble et j'ai paniqué plusieurs fois, car c'est impressionnant être à travers un banc de poissons, tous entre 18 et 24 pouces de long, 10 pouces de haut et 4 pouces de large. Un bon repas pour 4!
Sur le chemin du retour, je suis passé voir les 2 premiers et j'ai vu que les deux gardaient plein de petits dans leurs nids.
Lorsque je suis sorti de l'eau, tout énervé, je me suis empressé de tout raconter à ma jolie blonde. Ému, Ça m'est resté dans l'esprit longtemps. J'ai pensé vous faire partager mes aventures.
Pas besoin de la mer pour voir de belles choses. Dans nos lacs, près de chez nous, il y a tout un monde à découvrir, à condition de garder ces lacs beaux et calmes.

À suivre...



La réalisation d'un bac hollandais, les règles de bases

Le Monde Aquatique, Octobre 2003, vol-33, p. 12.
Par ; Stephan Gaudet B. Sc.,
Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec.


La bonne réussite de cet aquarium spécifique se concentre sur plusieurs paramètres qui sont le substrat, l'éclairage, le dioxyde de carbone, et la qualité de l'eau.

Le substrat :
Il se compose essentiellement de sable fin ou quartzite qui est un élément pauvre en valeur nutritive mais auquel on doit ajouter des nutriments. On peut ajouter de l'argile ou de la tourbe pour ajouter des acides humiques nécessaire à la bonne croissance des végétaux. Pour ce qui est de l'épaisseur celle-ci doit avoir un minimum d'une dizaine de centimètre que l'on en disposera en pente descendante vers l'avant de l'aquarium. Cette technique permet de faciliter le nettoyage.

L'éclairage :
On peut débuter par l'achat de tubes fluorescents de type horticoles de concert avec à d'autres types de lampes soit HQI ou HQL. Il faut se rappeler la règle suivante 1 watt par litre d'eau. La durée d'éclairage doit être environ d'une douzaine d'heures par jour. Finalement, l'ajout de minuteries permet de moduler l'intensité lumineuse et de se rapprocher des variations d'intensités qui se produisent dans la nature.

Le dioxyde de carbone :
Ce composé chimique mieux connu sous le nom de gaz carbonique ou CO2 est pour la plante la source de carbone qui intervient dans la photosynthèse. Ainsi, celle-ci en tire les glucides nécessaires à son métabolisme. Le moyen le plus facile de produire du CO2 consiste à se procurer des contenants hermétiques achetés dans le commerce ou de conception artisanale. On a juste à ajouter de la levure, du sucre et de l'eau afin de reproduire la réaction chimique. Il peut être également fourni en utilisant des bouteilles de CO2 contrôlé par une sonde (injection) ou par une électrolyse de l'eau.

La qualité de l'eau :
La plupart des plantes ne tolèrent pas des eaux fortement minéralisées, une eau douce et légèrement acide convient le mieux à la culture.



La petite histoire de comment ça marche

Le Monde Aquatique, Octobre 2003, vol-33, p. 14.
Par ; Dominic Gagné,
Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec.


Les poissons que nous gardons et regardons ne sont en fait qu'un assemblage de molécules. Je tenterai de vous décrire en ces quelques lignes comment cet assemblage se fait. Je ne rentrerai pas dans les détails comme pourquoi ça fonctionne comme cela ou encore d'où ça vient. Simplement des faits.

La base de la vie sur terre est le carbone. Le temps, avec des moyens bien simples en fit des composés organiques qui, suite à des rencontres fortuites et peu probables, donna la vie.
Aujourd'hui, tous s'entendent pour dire que l'ADN est la base de la transmission des caractéristiques d'une espèce d'une génération à l'autre (il y a des cas spéciaux mais on n'en parlera pas).

Une bonne façon pour comprendre chaque étape de fabrication d'un être vivant est de s'imaginer une longue chaîne de montage, chaque élément de la chaîne ayant été fait grâce à une chaîne semblable à celle sur laquelle l'élément travaille. Premier élément de la chaîne, le plan de fabrication: l'ADN. Il est composé de quatre bases chimiques qui s'attachent les unes aux autres pour former une longue chaîne linéaire qui semble incompréhensible. Les protéines, composantes de base des cellules, sont composées d'une vingtaine d'acides aminés disposés en longues chaînes linéaires.
Comment passer d'un code à quatre bases vers un code à vingt? En prenant les bases d'ADN (4) et en les interprétant en trio, passant d'un code simple à un code complexe formé désormais de 64 possibilités. Comme on en a besoin que de 20, pour les acides aminés, la nature a donc beaucoup de souplesse et peut y ajouter des caractères spéciaux comme le début d'une protéine ou encore son arrêt. Nous sommes donc passé d'une longue chaîne de 4 acides nucléique (ADN) incompréhensible à un assemblage de protéine distinct. La première base servant à coder pour une protéine à sa dernière s'appelle un gène.

À venir: Des articles qui parleront de la génétique des guppys.

Test de compréhension pour des abonnées Internet
Premièrement, le code (http://molbio.info.nih.gov/molbio/gcode.html). Si ça ne marche pas, faites une recherche avec genetic code table.
Le code génétique en ADN à décoder est le suivant:

ATAATGTGCTTAAGTAATTGAAAATACTTAGCCTG
CAAGTTAAGCCGTAGAATGTTAGGATGAGTAGTTA
GCTTGATGCCATGCAAATTGTGAGTAA...

Pour simplifier le jeu, le décodage commence par la seconde lettre (dans la nature, il faut le trouver soi-même). Des logiciels sont également disponibles sur le net (http://us.expasy.org/tools/dna.html). Ceux qui essaieront le logiciel en ligne verront ce que par défaut, comme la nature nous est inconnue, tout les "cadres de lectures" potentiels que nous donnes la séquence ci-haut. Il n'est pas toujours si simple de trouver ce que veut dire un message provenant de l'ADN.

Solution: ça vient pas avec de la chance...

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