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Le nématocyste

Le genre Epiplatys


Le Monde Aquatique
Juin / Juillet - vol 33


Le nématocyste

Le Monde Aquatique, Juin / Juillet 2003, vol-33, p. 6.
Par ; Dominic Gagné,
Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec.


Non je ne vous parlerai pas d'un vers chez les poissons. Je vous décrirai plutôt un organelle (petit organe) retrouvé chez certains invertébrés. Tout d'abord, une généralité sur les cnidaires, ou encore les cœlentérés. Essayez de deviner à mesure des caractéristiques énumérées de quelles petites bêtes il s'agit. Ce groupe compte plus de 9000 espèces se retrouvant en eau douce ou encore salée. Sa caractéristique est le nématocyste, arme redoutable retenant la proie dans ses bras pour ensuite la conduire dans sa bouche où elle sera dévorée. Ces organismes sont généralement fixés au substrat, autrement se déplaçant très lentement. Vous l'avez trouvé, il s'agit des anémones, hydres et méduses.
Malgré leur apparence de plante, ce sont des organismes possédant des qualités remarquables. Leur symétrie radiaire cache une multitude de types cellulaires plus spécialisés les uns que les autres. Ils possèdent pour se nourrir un estomac pour la digestion, des bras ou tentacules pour diriger la nourriture vers la bouche et ces fameux nématocystes pour la capture, le tout sous l'orchestration d'un filet de fibres nerveuses. Ils peuvent finalement se reproduire par reproduction asexuelle (par bourgeonnement) ou sexuellement donnant ainsi une nouvelle génétique à la génération suivante.
Pour plusieurs personne, les méduses et les anémones sont des organismes dont les polypes ou tentacules peuvent infliger de sévères brûlures. On craint souvent ces premières sur les plages de l'Atlantique (I.P.E., N.B. et Les Iles de la Madeleine). L'ayant moi-même expérimenté, je vous l'avoue, on y prête garde à la suite de cette sensation de brûlure.
De plus près, la brûlure est souvent simplement une irritation de la peau suite au déploiement du nématocyste. Le nématocyste est la principale caractéristique des cnidaires (voir figure). Le fonctionnement de cet organelle est simple mais implique une très grande spécialisation de la cellule. Cela ressemble à une trappe à souris. Un cil (cnidocil) sert de déclencheur pour propulser une partie profilée de la cellule vers l'extérieur. Cette partie reste attachée à la cellule et peut, avec pression, percer la peau de l'organisme déclencheur (votre bras, votre jambe ou encore une proie) l'attrapant du même coup mais aussi libérer une toxine. Bien sûr l'effet est moindre si seulement quelques cellules se déclenchent ou encore que l'organisme saisi soit plus gros et plus résistant que le filament du nématocyste. Il peut se produire une rupture et la méduse ou encore l'anémone devra régénérer de nouvelles cellules pour remplacer celles perdues. Il est finalement à noter que ce ne sont pas tous les nématocystes qui se déclenchent sous l'effet de la pression exercée sur le cnidocil, certains demandent à être stimulés par des substances chimiques présentes en surface de leur nourriture ou prédateur, dans le cas de se défendre. C'est ainsi que certains poissons clown vivent très bien en symbiose avec des anémones.


Référence principale; Integrated principles in zoology, Hickman, Roberts et Hickman



Le genre Epiplatys

Le Monde Aquatique, Juin / Juillet 2003, vol-33, p. 11.
Par ; Christian Cauvet,
Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec.


Nos voisins aquariophiles allemands ont donné aux Epiplatys le surnom de " Hechtlinge " qui peut être traduit en français par " brochets nains ". Ce surnom donne une image approchante de l'allure générale des Epiplatys et de la manière dont ils se déplacent. Mais il ne faut pas aller plus loin dans la comparaison et assimiler les habitudes alimentaires des poissons de ce genre à celles du carnassier de nos rivières. Car, si les Epiplatys ont une grande bouche et savent s'en servir, ils n'ont pas le comportement prédateur du brochet et n'ont pas besoin d'être nourris de poissons vivants. Ils sont donc des poissons tout à fait adaptés au maintien en aquarium.
Pourtant, les Epiplatys sont souvent, et à tort, considérés comme voraces et peu recommandables. Or, une telle opinion résulte d'une méconnaissance de ces poissons qui sont en réalité trop peu connus et fort intéressants. Il y a effectivement parmi les Epiplatys des grosses espèces qui, bien que non agressives, peuvent regarder les petits poissons comme des proies et donc être qualifiées de voraces, Mais il y en a aussi de plus petites, plutôt gourmets, dont les préférences alimentaires n'ont absolument rien de répréhensible. L'appétit d'un E. fasciolatus d'une dizaine de centimètres de longueur totale peut en effet difficilement être comparé avec celui d'un E. annulatus de moins de quatre centimètres ou de celui d'un E.bifasciatus de cinq centimètres.
Parmi les killies, les Epiplatys sont certainement ceux qui présentent le plus de caractère et de personnalité et ils sont un sujet d'observations quotidiennes passionnantes. En conséquence, beaucoup d'espèces d'Epiplatys deviennent vite très attachantes pour leur éleveur, d'autant plus qu'elles savent se montrer assez familières.
Malheureusement, à l'exception de quelques espèces, les Epiplatys ne sont pas très régulièrement commercialisés. De plus, lorsqu'ils le sont, ils se remarquent assez peu dans les bacs des commerçants car ils n'y présentent pas tous les attraits de leur coloration. En effet, les Epiplatys réagissent aux changements trop rapprochés de milieu en perdant l'intensité de leur pigmentation et ils sont rarement à leur avantage à leur arrivée chez les détaillants. De surcroît, beaucoup des Epiplatys épisodiquement importés finissent précocement leurs jours chez les commerçants avant même d'avoir été achetés, en raison de leur fâcheuse tendance à sauter hors de leur aquarium. Les Epiplatys ont en effet une propension pour le saut qu'ils partagent avec beaucoup d'autres Cyprinodontidés mais pour lequel ils peuvent être vraiment considérés comme les spécialistes.
Une meilleure connaissance des Epiplatys pourra permettre qu'à l'avenir une rencontre avec ces poissons ne se traduise plus par une méfiance injustifiée. Les Epiplatys sont en effet des killies qui présentent suffisamment d'attraits pour mériter une place non seulement dans les aquariums des killiphiles mais aussi dans de nombreux aquariums d'ensemble.

ORIGINE GÉOGRAPHIQUE
Les diverses espèces d'Epiplatys sont originaires uniquement de la partie ouest du continent africain. Elles y occupent une large zone de répartition qui va du Sénégal au nord à l'Angola au sud. Sur toute cette zone de répartition, des Epiplatys peuvent être systématiquement rencontrés dans les régions côtières plates. Mais on trouve aussi des Epiplatys à l'intérieur du continent africain, même dans des zones situées en altitude. Les limites de répartition des Epiplatys sont en fait constituées par les zones désertiques au nord et au sud, et par les grandes plaines trop arides de l'est africain.
La plupart des espèces ont des zones de répartition bien précises et ont un mode de vie inféodé à certains milieux. Ainsi, certaines espèces ne se trouvent que dans des régions forestières relativement fraîches (E. lamottei), alors que d'autres fréquentent essentiellement les régions de savane beaucoup plus torrides (E.bifasciatus)

PRÉSENTATION GÉNÉRALE
Le nom Epiplatys qui signifie " dessus aplati " donne une première idée de la forme des poissons de ce genre. Toutes les espèces ont en effet pour point commun une forme cylindrique allongée avec la tête et la partie antérieure du dos comprimées. Les nageoires sont bien développées, la dorsale et l'anale étant implantées en oppositions, très à l'arrière du corps, un peu à l'image de celles du brochet.
La forme de la nageoire caudale varie selon les espèces. Chez certaines (E. dageti, E. chaperi), la caudale des mâles présente un léger allongement des rayons inférieurs formant une courte épée comme chez certaines variétés de Xiphophorus. Pour d'autres (E. annulatus, E. barmoiensis), la nageoire caudale est lancéolée et se distingue donc par l'allongement de ses rayons centraux. Enfin, beaucoup d'espèces ont la nageoire caudale en forme de pelle.
De grands et bons yeux encadrent une bouche largement fendue, s'ouvrant vers le haut e t adaptée à la capture des insectes posés sur l'eau ou volant trop près de la surface.
La taille des Epiplatys varie selon les espèces, de 4 à plus de 10 cm de longueur totale.
La particularité des Epiplatys la plus rapidement remarquée est évidemment leur comportement de poissons de surface. En effet, dans la nature comme en aquarium, la majorité des espèces se tiennent la plupart du temps dans la partie supérieure du bac et souvent même le dos au ras de la surface de l'eau. Il s'agit d'une caractéristique à retenir par tous les aquariophiles y compris les amateurs de bacs d'ensemble car les Epiplatys peuvent venir opportunément animer la surface de tout aquarium, qui est un espace souvent délaissé par beaucoup d'espèces de poissons. On peut par exemple tout à fait envisager de maintenir des Epiplatys en compagnie de Cichlidés nains, les premiers occupant alors la partie supérieure du bac généralement délaissée par les seconds.
La plupart des Epiplatys présentent à première vue un aspect anodin, dépourvu de coloration vive. Mais, en réalité, ces poissons ne montrent leurs plus beaux atouts que s'ils sont parfaitement adaptés à leur aquarium. En effet, lors de leur arrivé dans un nouveau bac, les Epiplatys perdent une bonne partie de leur coloration, sinon quelques points de couleur brun rouge dispersés et quelques barres verticales plus ou moins sombres. Même les plus beaux mâles n'ont alors qu'une livrée assez modeste qui se rapproche de celle des femelles qui n'ont jamais d'aussi brillantes couleurs que leurs compagnons.
En même temps, cette décoloration s'accompagne souvent de timidité et les poissons tendent à se dissimuler. Mais cela ne sera souvent que très provisoire car, s'ils se plaisent dans leur nouvelle demeure et s'ils s'y sentent en sécurité, les mâles développent en quelques semaines de couleurs et reflets multiples, auparavant insoupçonnés.
En règle générale, l'essentiel de la coloration du cops et des nageoires des Epiplatys provient de reflets bleus, verts et mauves sur fond gris rose. En superposition apparaissent de nombreux traits et points rouge vif à rouge carmin, chaque écaille étant souvent marquée d'un de ces points plus ou moins gros. Une caractéristique commune à la plupart des espèces d'Epiplatys est la présence sur les flancs de traits sombres verticaux ou légèrement inclinés dans le sens d'un accent aigu. Ces marques sont particulièrement apparentes chez les juvéniles et les femelles tandis qu'elles sont très estompées chez les mâles adultes. Ces marques, que l'on peut appeler fasciatures, ont parfois inspiré le choix des noms d'espèces : E. multifasciatus, E. sexfasciatus...
Les nageoires impaires des Epiplatys sont généralement colorées des mêmes tons que le corps avec souvent la présence de bandes marginales claires de couleur jaune ou blanche. Pour certaines espèces, la couleur de ces bandes marginales est rehaussée par une bande sub-marginale plus ou moins large de couleur brun rouge foncé.
L'œil des Epiplatys, assez grand, se remarque rapidement à cause de son aspect lumineux vert ou bleu, aussi bien chez les mâles que chez les femelles.
Il faut enfin ajouter que toutes les espèces d'Epiplatys possèdent sur la nuque une tache brillante qui les fait rapidement remarquer lorsqu'ils sont à la surface de l'eau.
Mais tous les Epiplatys n'ont pas forcément cet aspect " standard " et il en est notamment un qui tranche par son aspect unique. Il s'agit d'Epiplatys annulatus, très petite espèce dont le corps est annelé de jaune doré et de noir et dont les nageoires sont teintées de rouge et de bleu. Qui a vu la parade d'intimidation de deux mâles Epiplatys annulatus, élevés dans un bon environnement, a certainement vu un des plus beaux spectacles qui soient offerts à la vue des aquariophiles!
Malheureusement, cette espèce ne peut être conseillée à tous les aquariophiles, à cause de sa petite taille d'abord et en raison de la relative difficulté de son élevage.
Parmi les Cyprinodontidés, les Epiplatys sont les seuls dont le patron de coloration peut avoir une signification comportementale, comme on le constate chez les Cichlidés.
L'intensité de la coloration des Epiplatys dépend souvent de leur adaptation à leur milieu ambiant et des stimulations extérieures. Ils ne prennent leurs vraies couleurs que s'ils se plaisent dans l'aquarium qui leur est offert et leur patron de coloration varie largement en fonction des impressions extérieures. Alors que d'autres Cyprinodontidés, les Aphyosemion par exemple, gardent toujours une coloration de fond relativement intense, même dans un milieu défavorable, les Epiplatys perdent toute leur beauté s'ils ne se sentent pas à leur aise.
De même, les impressions extérieures influent fortement et immédiatement sur l'intensité de coloration des Epiplatys. Ainsi, la rencontre de deux mâles se traduit par une intensification de leurs teintes, accompagnant des parades d'intimidation et parfois même quelques violences dont les nageoires peuvent faire les frais. Rapidement, le plus faible traduit sa soumission par la perte d'une partie de ses couleurs en même temps qu'il cherche refuge loin de son adversaire dominant. Quelques minutes plus tard, les deux poissons, en retrouvant leur quiétude, reprennent alors une coloration identique.
Encore plus que pour les autres killies, l'ensoleillement direct constitue le meilleur éclairage pour apprécier la parure des Epiplatys. En conséquence, l'éclairage de l'aquarium par le dessus ne révélera jamais aussi bien les couleurs des Epiplatys qu'un éclairage latéral quelqu'il soit. Particulièrement, un ensoleillement direct du bac permettra d'admirer au mieux la splendeur des reflets des Epiplatys.

MODE DE VIE
Dans la nature, la plupart des Epiplatys vivent dans de petites rivières, ruisseaux ou marécages où ils se tiennent en surface avec une nette préférence pour les bordures des courant. Les plus grandes espèces peuvent aussi se rencontrer près des berges des grands fleuves. Ces grosses espèces ne craignent pas de se tenir en des endroits d'eau libre assez dégagés mais les petites au contraire vivent plutôt en des endroits plus protecteurs, c'est à dire dans de petits ruisseaux ou des biotopes riches en végétation.
Contrairement aux Aphyose-mion, près desquels ils se rencontrent souvent, les Epiplatys ne se plaisent que dans des eaux que l'on peut qualifier de " saines ", c'est à dire non croupissantes et suffisamment oxygénées pour permettre une vie aquatique normale.
Les jeunes qui ont un comportement grégaire se tiennent toujours à proximité des berges tandis que les adultes, ayant moins à redouter des poissons prédateurs, hésitent moins à évoluer plus au large dans des lieux plus dégagés.
Les Epiplatys adultes sautent fréquemment hors de l'eau pour happer les insectes volant trop près de la surface. Il est vraisemblable, compte tenu de leur comportement en aquarium, qu'ils sautent aussi pour attraper les insectes se déplaçant sur la végétation surplombant les bords de la rivière. Les Epiplatys dans la nature se tiennent essentiellement en surface mais il arrive cependant qu'ils se tiennent un peu en profondeur. C'est alors pour se placer discrètement à l'affût d'une proie éventuelle, sous une feuille de Nympheaae ou un obstacle quelconque tel que les branches d'un arbre tombé à l'eau.
Lorsqu'ils sont en surface dans leur milieu d'origine, les Epiplatys se repèrent assez facilement de la berge grâce à la tache brillante qu'ils possèdent sur la nuque. Il serait intéressant de déterminer quelle est la fonction exacte de cette tache. En effet, à première vue, elle apparaît comme un caractère susceptible de les faire aisément remarquer par les prédateurs, notamment les oiseaux aquatiques tels que les Martin-pêcheurs. On peut pourtant se demander si, au contrarie, elle n'aurait pas une fonction inverse, c'est à dire destinée à la protection des Epiplatys. Deux interprétations peuvent aisément venir à l'esprit. On peut d'abord penser que la tache trop voyante constituerait un avertissement aux prédateurs, en signifiant une éventuelle toxicité des Epiplatys, tout comme l'on sait que la couleur vive de certains animaux prévient de leur caractère toxique.
Mais on peut aussi imaginer que cette tache vient en surface se confondre avec les nombreux reflets et scintillements de la lumière solaire sur l'eau, constituant ainsi un facteur de mimétisme aidant à dissimuler les Epiplatys à la vue des oiseaux prédateurs. Je tends personnellement plutôt vers cette deuxième interprétation qui ne repose cependant, comme la première, sur aucune étude scientifique.
En ce qui concerne les prédateurs, il est certain que les Epiplatys, les petites espèces, surtout comme E. bifasciatus, sont des proies faciles pour des poissons carnassiers. En Afrique de l'ouest, il y a vraisemblablement beaucoup de Cichlidés qui se nourrissent d'Epiplatys et parmi eux il se pourrait particulièrement qu'Hemichromis elon-gatus soit plus ou moins spécialisé dans la prédation des poissons de surface.
Ayant en effet ramené d'un voyage quelques juvéniles de cette espèce, et les ayant placés dans un bac de 1,50 mètres, j'ai constaté que leur activité principale consistait à guetter immobiles la surface de l'eau dans l'attente d'une proie potentielle. Ils ont rapidement vidé le bac de tous les poissons plus petits qu'eux. Comme ces Hemichromis vivent dans les mêmes endroits que des Epiplatys, il est vraisemblable que le même comportement dans la nature des prédateurs naturels des populations d'Epiplatys. (je me suis débarrassé de ces poissons auprès d'un amateur de Cichlidés qui, lui aussi, n'a pu que déplorer leur caractère carnassier.) Dans les cours d'eau d'une certaine importance, les bancs d'Epiplatys, évoluant près des berges, peuvent aussi être victimes d'un characin carnassier, Hepsetus odoe. Ce poisson, à la gueule armée de longues dents pointues que l'on peut capturer en pêchant à la cuillère et qui atteint plus de quarante centimètres ressemble beaucoup à l'âge adulte à notre brochet, tant par sa forme et sa coloration que par son appétit.

COMPORTEMENT
À l'aise dans leur aquarium, les Epiplatys sont des poissons qui suscitent rapidement la curiosité. Bien qu'ils soient peu mobiles, ils adoptent en effet des postures qui les font remarquer et surtout, il semble que la grande taille de leurs yeux brillants, toujours en éveil, soit un caractère qui accroche le regard de l'aquariophile et donne aux Epiplatys un abord assez sympathique.
En aquarium, les Epiplatys adoptent le même comportement de poisson de surface que dans la nature et on peut les voir se tenir sans bouger au même endroit pendant de longues minutes, attendant l'arrivée d'une éventuelle nourriture. Souvent, ils descendent à mi-hauteur de l'aquarium et se tiennent immobiles, se déplaçant brusquement et sur une courte distance (comme les Brochets) lorsqu'une proie les attire. Dans leur attente, les Epiplatys prennent souvent une positon caractéristique, légèrement oblique, la tête en position haute; le seul mouvement décelable est alors celui des nageoires pectorales qui maintiennent le poisson en équilibre. Les mâles, un peu territoriaux, apprécient ainsi tout particulièrement de se tenir fréquemment au même endroit d'où ils surveillent leur territoire.
Le comportement intra spécifique des Epiplatys présente bien des attraits. Les mâles font preuve de territorialité et d'une certaine agressivité entre eux qui permet d'assister à de spectaculaires parades d'intimidation. Pour autant que le bac soit assez vaste et offre quelques refuges, la cohabitation de plusieurs mâles peut cependant se faire sans difficultés. Une hiérarchie entre les mâles s'établira néanmoins et seul le mâle dominant montrera le maximum de coloration. En général, les femelles ne présentent aucune agressivité particulière et ont parfois du mal à s'isoler des mâles trop entreprenants. C'est pourquoi il est souvent recommandé de maintenir plusieurs femelles pour un mâle. Le même comportement est souvent constaté au niveau interspécifique, c'est à dire entre espèces d'Epiplatys différentes, au moins lorsqu'il s'agit d'espèces proches.
Vis à vis des autres genres, les Epiplatys sont habituellement assez indifférents, sauf parfois à constater quelques heurts de mâles avec d'autres poissons ayant tendance à vouloir dominer le bac. Par contre, des poissons de trop petite taille risquent fort d'être considérés d'un œil gourmand.
Si on ne peut pas comparer l'appétit des Epiplatys à celui du carnassier de nos rivières, il ne faut cependant pas oublier leur goût pour les proies vivantes, et un jeune Characidé par exemple ne pèsera pas bien lourd à côté d'un gros Epiplatys d'environ huit centimètres. Aussi ne faut-il pas tenter le diable en mettant de petits poissons en compagnie d'adultes des grosses espèces d'Epiplatys.

À suivre...

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