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Association Régionale des
AQUARIOPHILES
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Articles:

Lamprologus ocellatus

Territoire

Paratheraps melanurum

Incubation buccale

Cichlidés nains du nouveau-monde
Le Monde Aquatique
Avril 2005 - vol 35

Spécial Cichlidé


Lamprologus ocellatus

Le Monde Aquatique, mars 2001, vol-30, p. 12
Par ; Michel Bédard,
Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec.


Il s'agit d'un autre petit cichlidé endémique au lac Tanganyika. Il appartient au groupe des Lamprologus que l'on dit "conchylicoles " ou à coquille, parce qu'ils utilisent des coquilles vides de gastéropodes comme dortoir, refuge et nurserie. Les poissons conchylicoles n'ont fait leur apparition en aquariophilie que récemment, les premières importations aux États-Unis datant de 1978.
Le Lamprologus ocellatus qui atteint jusqu'à 7 cm pour le mâle et 4 cm pour la femelle se distingue par une grande tache noire sur l'opercule et des marbrures verticales sur la partie postérieure du corps. Ce dernier est court et trapu avec une tête volumineuse. Il affiche une coloration peu spectaculaire. L'espèce se contente d'un petit bac aménagé comme suit; une plage de sable fin sur laquelle on dispose une coquille pour chaque spécimen avec l'ouverture dirigée vers le haut. Des pierres hautes compléteront l'environnement à l'arrière plan. La qualité de l'eau recommandée consiste en un pH de 7,2. à 8,3., une dureté moyenne à élevée et une température aux environs de 27.C.
Les comportements reproducteurs comportent le plus souvent les caractéristiques suivantes; la femelle prête à pondre, agace le mâle en lui présentant sa zone ventrale violacée. C'est un mouvement inhibiteur destiné à faire chuter la tension agressive du mâle. La ponte ne peut s'observer car elle se produit à l'intérieur d'une coquille. La fécondation par le mâle demeure du domaine des déductions. Il est probable que le mâle ne pénètre pas dans la coquille mais qu'il rejette son sperme dans l'eau et ce serait par les mouvements de ventilation exécutés par la femelle que le sperme serait mis en contact avec les oeufs.

Il faudrait environ quinze jours après la ponte avant que les alevins de 5mm de long, sortent de la coquille pour la première fois. On peut dès lors les nourrir d'artémias et de micro-vers. Au début, les alevins qui s'éloignent sont attrapés et recrachés par la femelle ou le mâle dans la coquille. Plusieurs portées différentes peuvent cohabiter. Quelques couples reproducteurs peuvent même se tolérer dans un même bac pourvu que chaque adulte ait sa coquille. Même si l'on mentionne des pontes comprenant jusqu'à 40 alevins, je n'ai pas observé plus d'une douzaine d'alevins de même taille. À noter que les alevins m'ont aussi paru très sensibles au transvasement. En attrapant quelques uns de près d'un cm pour les offrir à l'encan du club, je les ai vus, en l'espace de quelques secondes, trépasser dans le bocal contenant pourtant de l'eau de l'aquarium, le choc leur était fatal.
Robert Lafontaine, qui sauf erreur, fut le premier membre de l'ARAQ à faire connaissance avec les cichlidés à coquille, possède plusieurs articles de revues traitant de ces espéces. Pour ma part, j'ai reproduit le Lamprologus meeli, le Lamprologus ocellatus et je m'essaie présentement avec le Lamprologus brevis.



Comment acclimater de nouveaux poissons dans un aquarium habité de poissons jaloux de leur territoire?

Le Monde Aquatique, 1998
Par ; Luc Carrier,
Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec.


Il est extrêmement difficile d'éviter le chaos qui se produit presque inévitablement lorsqu'on veut introduire de nouveaux poissons dans un aquarium de Cichlidés.
En effet, il se produit invariablement un bouleversement sociologique quand on introduit un ou des nouveaux dans un groupe de Mbuna, de Cichlidé des lacs africains, dans un groupe de prédateurs tels les Haplochromis, ou avec des Cichlasoma, des Acquidens ou même des poissons plus calmes comme les Apistogramma.
Tous ces poissons délimitent un territoire dans l'aquarium et le défendent parfois sauvagement.
L'apparition soudaine d'un étranger qui veut lui aussi s'approprier un territoire est donc mal reçue, puisque nul ne veut sacrifier ses droits acquis.
Dans la nature, le nouveau se déplace jusqu'à ce qu'il trouve un terrain vacant, mais en aquarium, de tels espoirs sont vains. Il s'ensuit donc une série de bagarres et les nouveaux venus sont rarement gagnants même s'ils sont les plus costauds. Il existe cependant un moyen assez simple pour éviter de telles difficultés. Avec des Mbunas, il suffit de modifier l'amoncellement rocheux avant d'introduire les nouveaux arrivants. En général, dans un aquarium communautaire, il est conseillé de modifier complètement l'aménagement de l'aquarium et de déplacer les roches, les collines, les échoueries, même le filtre et chauffe-eau si possible.
Cette modification a pour effet de faire disparaître les frontières et les territoires eux-mêmes et de mettre ainsi tout ce monde sur le même pied.
Il y aura bien quelques bagarres, mais les nouveaux pourront se délimiter un territoire sans être constamment asticotés par les anciens. En quelques heures, ou tout au plus quelques jours, le calme relatif sera rétabli et les quelques nageoires endommagées seront régénérées si vos hôtes sont en bonne santé dans un milieu favorable.



Paratheraps melanurum

Le Monde Aquatique, 1998
Par ; Pierre Desmarais,
Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec.


LE MELANURUM, UN POISSON FASCINANT ET DÉROUTANT.

Dans un aquarium de 72 gallons, j'ai introduit cinq Paratheraps Melanurum, petit cousin du C. Synspilum. On le retrouve tout particulièrement en Amérique centrale, sur la côte Atlantique du Guatemala et dans le bassin du Rio Usumacinta jusqu'au Belize. Le Melanurum mâle, contrairement au Synspilum, ne possède pas de bosse frontale, les couleurs sont aussi moins spectaculaires, il peut cependant atteindre en aquarium quelque 35 cm environ.

Dans les premiers mois de sa vie, le jeune poisson ne possède aucune couleur, sauf peu être quelques reflets jaunes sur la nageoire caudale et du bleu sur l'anale. La tête présente déjà, vers six mois, des nuances de jaune et de bleu, présageant de superbes couleurs. Des taches noires se développent à l'arrière du corps, formant une grosse ligne allongée, mais brisée sans trop de définitions précises.

Je parle de cette espèce comme étant fascinante, parce qu'elle possède non seulement de belles couleurs, mais un corps élancé, qui leur permet de se propulser à des vitesses étonnantes? En observant, j'ai remarqué que les poursuites, ne duraient qu'une fraction de seconde, l'attaquant abandonnant rapidement, la cause étant sûrement l'agilité du poisson.

À ma grande déception, cette espèce est timide et sensible à tous les inconvénients entourant le bac, c'est-à-dire, bruits, ombrages, vibrations, même lorsque je nourrit, il faut s'approcher doucement de l'aquarium pour ne pas les effrayer. Restant caché beaucoup trop longtemps à mon goût, j'ai donc décidé d'introduire un poisson de gros calibre et d'augmenter le nombre de cache, pour minimiser cette peur. L'Astronotus ocellatus (Oscar) fut mon choix, parce qu'il grandit vite, il est gros mangeur et ne se laisse pas intimider.

À douze centimètres, ils commencent maintenant à vouloir délimité leur territoire il faut donc s'attendre à de grandes confrontations. En ce qui concerne l'Astronotus il reste indifférent, sa taille est maintenant de 20 cm environ et personne ne l'incommode pour l'instant. Le bac est maintenant dépourvu de plantes vous comprendrez sûrement pourquoi. Le décor se compose de grosses pierres plates superposées formant des grottes et deux racines brisent la monotonie des pierres. Le sol se compose de gravillons de calibre moyen et de couleur naturelle.

Avant même d'avoir trouvé un couple, je les conditionnes en diversifiant leurs nourritures, alternant entre le flocon, le granulé, le cœur de bœuf, le poulet, et diverses nourritures congelées. Je maintien l'eau à un pH de 7,0 et la dureté entre 8 et 10 dGH et a une température de 24 degrés pour l'instant. La filtration est assuré par un fluval 404 et une tête motrice qui brasse la surface de l'eau tout en provoquant un bon courant dans le bac. J'effectue au moins une fois par semaine à un bon changement d'eau de 25 à 30 % et les résultats sont remarquables.

Plus tard dans un deuxième article, je vous expliquerai la reproduction de cette espèce et la façon de procéder pour élever les alevins.
À bientôt.



Incubation buccale: Protection des œufs et alevins

Le Monde Aquatique, 1999.
Par ; Yvon Carrier,
Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec.


Le Cichlidé le plus populaire en ce moment, est celui du Lac Malawi, et cela en raison de ses couleurs vives, son endurance aux mauvais traitements, et son comportement en bac communautaire.
Dans l'esprit des gens, le Cichlidé Africain est un Mbuna du lac Malawi belliqueux, non sociable, donc que la plupart évitent de se procurer. Ce fut longtemps vrai, car les premières espèces importées étaient des Mbunas très agressifs, demandant un très grand bac et beaucoup de cachettes. Les cichlidés plus sociables n'ayant, souvent, pas beaucoup de couleur lorsqu'ils sont petits sont le plus souvent délaissés faute de patience par l'aquariophile qui se prive souvent d'un plaisir plus soutenu.
Le cichlidé, à incubation buccale est réparti surtout dans le lac Malawi, Victoria et les petits lacs avoisinants. Ceux que nous pouvons nous procurer à prix raisonnable proviennent du lac Malawi et Victoria. L'aquariophile qui possède ces espèces aura très rapidement une femelle à la bouche pleine d'oeufs. Le nouvel éleveur se retrouve alors avec une série de questions qui se résume en un mot: PANIQUE.
Une fois revenu de nos émotions, que faire pour sauver la ponte et avoir la joie de voir évoluer les petits alevins ? Il y a plusieurs réponses à ces questions et je vais vous donner les trucs les plus utilisés.
La méthode la plus utilisée est de faire cracher la femelle après 15 jours de bouche pleine. Avec l'aide d'un cure oreille, on ouvre la bouche de celle-ci et on lui fait cracher ses petits dans un contenant rempli de l'eau de l'aquarium. On retourne aussitôt la femelle dans le bac communautaire, pour qu'elle ne perde pas son territoire et son rang social.
Les alevins sont transférés dans un petit bac, avec 75 % de l'eau du bac communautaire, et 25 % d'eau neuve.
Malheureusement, ce n'est pas toujours aussi facile que cela probablement que vous avez une femelle qui ne garde pas ses oeufs et quel malheur ! C'est probablement sa première ponte et comme vous, elle panique.
Pour sa deuxième ponte, je lui laisse souvent la chance de garder ses oeufs. Si elle succombe à la tentation d'avaler ses oeufs, je lui ferai cracher la ponte suivante.

  1. Dans un petit contenant rempli avec l'eau de l'aquarium, si c'est plus de trois jours d'incubation et j'ajoute une goutte de bleu de méthylène.


  2. Avant trois jours d'incubation, les oeufs sont plus fragiles, il est préférable de mettre les oeufs dans de l'eau neuve, sans chlore, avec une goutte de bleu de méthylène à la même température que l'eau de l'aquarium. Les oeufs sont brassés par le mouvement que procure une pierre à air et prennent la forme d'alevins bien formés, environ 15 jours après la ponte.

Les alevins ne sont nourris que lorsque leur sac vitellin est absorbé, surtout si le bac est très petit. Ceci évite la pollution de l'eau du bac.
Des flocons émiettés feront très bien l'affaire. Un bon mélange de nourriture sèche avec 30 % à 40 % de matière végétale est excellent pour la croissance et leur bien être à raison d'une à deux distributions par jour.
Il ne me reste qu'à vous souhaiter bonne chance et beaucoup de plaisir.

PS : les pontes sont à intervalle de trois semaines environ.



Cichlidés nains du nouveau-monde

Le Monde Aquatique, 1999.
par; Paul V. Loiselle, (F.A.M.A. octobre 1979)
Traduction Guy Hamel.
Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec.


Un des traits remarquables du Hobby de l'aquariophilie consiste en la persistance de bijoux stéréotypés de sagesse populaire sur le comportement des poissons. Après avoir reçu la respectabilité que leur confère la publication, ces aphorismes ont leur vie propre et résistent vigoureusement à tout effort de les faire coïncider avec la réalité.
Personnellement, le plus enrageant de ces monuments de mal entendu est la simplification qui fait des cichlidés de gros prédateurs agressifs qui détruisent les plantes et qui nécessitent des bacs de 200 à 400 litres. D'accord, ce portrait colle à certaines espèces mais la famille des cichlidés est sauvagement diversifiée. Cette étonnante diversité permet à tout aquariophile de trouver un cichlidé dont le comportement et les besoins s'accordent au type de milieu dont il rêve. Pour renforcer mon argument je vous présente ici un groupe de cichlidés qui peut cohabiter sans problème avec une gamme étendue de poissons, qui préfère les bacs bien plantés et peut vivre très confortablement dans des bacs de 40 à 100 litres l'assemblage de cichlidés que les aquariophiles appellent, Cichlidés nains.
On pourrait croire que l'appellation fait référence aux plus petits membres de la famille, mais ce n'est pas seulement une question de taille. La définition de cichlidé nain a une composante comportementale autant que morphologique, et du point de vue de l'aquariophile, le comportement d'une espèce importe plus que sa taille pour le classer dans les cichlidés nains.
On peut les définir ainsi ; toute espèce de cichlidé dont la femelle n'atteint pas plus de 8.0 cm de long, qui ne détruit pas les plantes aquatiques, dont le comportement vis-à-vis les autres poissons n'est pas agressif hors des périodes d'activité reproductive, et dont la capacité à se nourrir de petits poissons est limitée par des contraintes morphologiques et/ou comportementales, à des poissons pas plus gros que des bébés vivipares.
Cette définition purement pratique ramasse une foule de petits cichlidés dans ses filets. Les tropiques du Nouveau Monde et du Vieux Monde dénombrent plusieurs représentants dignes d'intérêt aquariophile. Nous nous limiterons ici aux poissons pour qui le terme a d'abord été créé, les cichlidés nains Néotropicals.
Les cichlidés nains du nouveau monde sont tous d'Amérique du sud. Il existe un certain nombre d'espèces d'Amérique Centrale qui correspondent à ma définition de par leurs dimensions mais qui en sont exclues par leur comportement.
Deux lignées évolutionnaires ont produit des cichlidés nains. La majorité provient de la lignée Aequidens-Geaphagus ; les cichlidés nains du genre Crenicara sont parents avec les Pike Cichlid des genres Batrachops et CrenicichIa, un groupe très distinct sans parenté proche avec les autres cichlidés Néotropicals.
Toutes les espèces sont assez tolérantes en ce qui a trait au pH et à la dureté, bien que quelques-unes exigent un pH particulier pour se reproduire avec succès. Par contre, ils sont très sensibles à l'accumulation des déchets ammoniacaux dissous. Si on ne surveille pas ce point, des infections bactériennes les guettent. L'importance d'abaisser les niveaux de déchets métabolique dissous augmente si on garde ces poissons du côté alcalin des limites acceptables. Les niveaux bactériens sont beaucoup plus bas en eau douce et acide.
Une routine de changements d'eau réguliers est la façon la plus simple de prévenir l'accumulation des sous-produits du cycle de l'azote. Sinon un média de filtration chimique tel POLY-FILTER ou une résine échangeur d'ion peut accomplir ce travail. Tous les cichlidés nains préfèrent de la nourriture vivante mais consommeront aussi des aliments congelés et de la nourriture sèche. Ils se portent mieux si on leur offre plusieurs petits repas par jour plutôt qu'un gros. Il est important de bien mesurer les quantités qu'on leur donne pour éviter les montées d'ammoniaque.
Les cichlidés nains ne se sentent à l'aise que si leur bac contient amplement de cachettes, grottes, cavernes et touffes de plantes. De petits pots à fleur font parfaitement l'affaire. La plantation du bac est question de goût personnel mais un couvert de plantes flottantes fera beaucoup pour rassurer ces petits. Les Aequidens nains et les Crenicara apprécient les plantes à grande feuille type Amazone swordpîants au point de les choisir comme site de ponte.
Même dans un bac bien planté et fourni de cachettes, on pourra les voir plus souvent s'ils cohabitent avec des poissons dont le comportement leur suggère une atmosphère de sécurité. Un banc de 8 à 10 petits characins ou cyprinidés actifs qui nagent en pleine eau, preuve vivante qu'aucun prédateur ne guette, les fera sortir de leur cachette. L'agitation des Barbus peut les intimider alors que les très rapides Danios pourraient bien avaler tout le dîner avant qu'ils aient pu réagir. La plupart des poissons-chats sont tolérés hors des périodes de reproduction, mais peuvent se faire amocher lors du cycle reproductif.
On peut les diviser en deux groupes suivant leur patron reproductif. Un petit nombre d'espèces est monogame, les deux parents s'occupent des œufs et petits. Pour reproduire ces espèces, on n'a qu'a encourager la formation d'un couple compatible, si on dispose de six à huit jeunes, ceux-ci le feront tout naturellement en vieillissant. Quand deux poissons commencent à défendre un territoire, on les isole en déménageant les autres ou, le couple. Il est préférable de faire cohabiter des Tétras avec eux, leur comportement parental sera plus fiable s'ils sentent le besoin de protéger leur progéniture. La femelle fait le gros du travail alors que le mâle protège les alentours du nid. Les œufs éclosent en trois jours et les alevins commencent à nager environ quatre jours plus tard. Les deux parents défendent les petits, mais il peut être préférable de retirer les Tétras car ceux-ci peuvent être très habiles à cueillir les alevins. Ces cas de respectabilité bourgeoise sont plutôt rares chez les cichlidés nains du nouveau monde.
La polygamie est pratiquée par la majorité.
Habituellement, un mâle défend un grand territoire où se trouvent plusieurs sites de ponte. Chacun de ces sites est occupé par une femelle qui le défend jalousement. Quand une femelle est mûre, elle sollicite les attentions du mâle, qui fréquentera chaque femelle à son tour. Une fois la ponte accomplie, la femelle chasse le mâle et s'occupe seule des œufs.
Quand les alevins commencent à nager, le mâle peut tenter de jouer un rôle de père. L'accueil qu'il recevra varie d'une espèce à l'autre, d'une femelle à l'autre et dépend en partie de la présence de prédateurs. J'imagine qu'en nature son rôle est plus grand qu'en captivité et qu'il augmente à mesure que les alevins vieillissent et s'éloignent de la zone que peut contrôler leur mère. Cette description générale est rendue plus complexe par deux facteurs plutôt intéressants. Premièrement, les jeunes mâles de plusieurs espèces Apistogrammas ont tendance à se comporter d'une façon décidément monogame. Chez une de ces espèces, Apistogramma cf. amoenum, ces mâles développent même la coloration parentale des femelles, jaune et noir, et s'occupent aussi de la ponte, mais surtout de la défense du territoire et des alevins en nage libre. Puis quand ils deviennent plus gros et que toute la panoplie des caractéristiques sexuelles secondaires est pleinement développée (nageoires, couleurs, etc.), ils deviennent polygames, préférant maintenant la lubricité de la domesticité éphémère. Qu'un tel style de vie ne soit pas sans risque peut être déduit d'un autre remarquable phénomène !
Parmi certaines des espèces d'Apistogramma au dimorphisme le plus marqué, on trouve de petits mâles dont la couleur et les nageoires sont semblables à celles des femelles, même au point d'arborer les couleurs d'une femelle mûre.
Ces travestis se glissent dans le harem du mâle et pendant que celui-ci est occupé avec une femelle, tenteront leur chance avec une autre, souvent avec succès, jouissant ainsi du privilège reproductif d'un territoire sans avoir à suer pour sa défense. Ces petits vite développeront avec le temps l'apparence d'un vrai mâle, ce qui mène à la conclusion que ce n'est là qu'une option offerte aux jeunes mâles. Je ne peux m'empêcher de me demander si un mâle qui a ainsi réussi à en passer des " p'tites vite "sera plus à même de protéger son harem.
Pour reproduire avec succès ces polygames, une attention particulière doit être portée aux abris, le mâle doit pouvoir trouver refuge une fois la ponte terminée.
J'installe trois cachettes pour le premier couple et deux cachettes par femelle ajoutée au ménage. En plaçant des touffes de plantes de telle façon qu'elles divisent le territoire en zones distinctes, le succès est presque assuré. La plupart de ces espèces peuvent être reproduites avec succès dans un bac de 20 litres, mais un 40 litres serait préférable pour les Nannacara et les Crenicara punctulata. Si on veut les garder en harem, le bac doit être assez grand pour que chaque femelle ait son territoire et pour que le mâle puisse trouver refuge après la ponte. J'ai pu constater l'importance de ce précepte il y a quelques années quand les trois femelles Nannacara anomala installées avec un mâle dans un bac de 40 litres, ont été prêtes à pondre en même temps. Il a réussi à remplir ses devoirs conjugaux convenablement, mais s'est ensuite trouvé dans une position intenable. Quand je l'ai trouvé, on aurait dit qu'il avait passé à la moulinette. Il a survécu mais ses nageoires ont mis trois mois à se régénérer.
Les alevins de cichlidé nain sont relativement faciles à élever. Ils peuvent avaler les nauplies des variétés les plus petites d'artémias ainsi que des micro-vers. Comme pour leurs parents, plusieurs petits repas par jour sont préférables. Même avec des changements d'eau réguliers, leur croissance est lente. On peut habituellement les sexer vers l'âge de 12 à 15 semaines, les mâles étant un peu plus gros que les femelles. Les différences sexuelles secondaires de couleur et nageoires commencent à apparaître vers le sixième mois, mais ne seront pas complètes avant un an.
La maturité sexuelle arrive entre le huitième et dixième mois.
Papiliochromis ramirezi est la seule espèce de cichlidé nain du nouveau monde produite sur une échelle commerciale, et ce en Orient !
Les autres espèces sont de provenance sauvage, la plupart du temps reproduites et échangées par leurs amateurs.
Leur taux de fécondité relativement peu élevé et la lenteur de leur croissance rend ces espèces peu intéressantes pour les producteurs commerciaux.

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