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Association Régionale des
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L'hydropisie ulcéreuse

Le Voyage En Enfer

Neolamprologus brichardi

Le Monde Aquatique
Avril 2003 - vol 33


L'hydropisie ulcéreuse, un symptôme méconnu

Le Monde Aquatique, Avril 2003, vol-33, p. 8.
Par ; Stephan Gaudet,
Biologiste.


Parfois l'aquariophile néophyte ou plus avancé est confronté à traiter diverses maladies ayant chacune des origines diverses. Ainsi, la majorité des maladies ont des causes externes jusqu'à ce qu'il y ait un déséquilibre dans le milieu, soit du stress ou une eau de moins bonne qualité. La plupart des maladies sont assez faciles à traiter avec l'utilisation de remèdes appropriés. Par contre, certaine comme l'hydropisie, à ne pas confondre avec constipation, est pratiquement incurable et peut causer un désastre dans nos bacs.


Les symptômes et les causes :

Les symptômes sont un gonflement et l'apparition de taches rougeâtres au niveau de la région abdominale, un redressement des écailles, la décoloration des tissus. Les causes de cette maladies sont une suralimentation, un stress causé par un changement au niveau des nitrates/nitrites ou de la flore bactérienne, un dysfonctionnement d'un organe comme le foie. Toute les espèces semblent sensibles mais avec une fréquence plus élevée chez les Labyrinthidés (betta, gourami, colisa).


Les traitements :

Cette maladie bactérienne à Pseudomonas est très contagieuse et peut éliminer toute la population de votre bac. Alors il est important de réagir rapidement aux premiers signes de la maladie. Certains antibiotiques comme le chloraphenicol (15 à 25 mg/L) peut être efficace mais il doit être utilisé dès le début de l'infestation. Il y aussi le BAKTOPUR de Sera qui peut s'avérer utile. Il est primordial de faire un changement d'eau environ 50% du volume et d'aérer le bac le plus possible à l'aide de pompes et de têtes motrices et d'élever la température de quelques degrés et de ne pas oublier d'enlever le charbon du filtre. La meilleure façon serait de traiter dans un bac hôpital car le baktopur est très néfaste pour la flore aquatique. Les chances de guérissons sont assez faibles mais non inexistantes.


La prévention le meilleur moyen :
L'apparition de cas d'hydropisie dans un aquarium doit toujours se traduire par une évaluation de la qualité de l'alimentation et du régime alimentaire. Les apports de fibres seront plus fréquents. L'utilisation régulière de granulés riches en fibres végétales, reste une solution efficace et simple pour prévenir l'hydropisie. Finalement, il est important de ne pas trop surpeupler un bac (respect de la règle 1 pouce/gallons).



Le Voyage En Enfer

Le Monde Aquatique, Avril 2003, vol-33, p. 12.
Par ; Dominic Gagné,
Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec.


Sans doute vous aurais-je écrit mon histoire si j'en avais eu la capacité mais une part de destin a fait que je suis mort avant. Tout a commencé un jour où je nageais. J'avais l'habitude de beaucoup nager, à vrai dire je l'avais appris presque dès ma naissance, ma mère m'y ayant contraint. Depuis peu, un mal étrange me mangeait la chair. Mes capacités musculaires diminuées et la douleur associée à cette affliction me donnaient beaucoup de difficultés à continuer mes activités.
Un jour, la lumière changea brusquement et je vis l'ombre de la mort s'abattre sur moi. Sans yeux, sans bouche, un simple linceul fantomatique verdâtre qui m'enroula de sa cape et me sorti de mon environnement aquatique. Je me retrouvai dans une espèce de sac sombre et sans air. J'étouffais, je suffoquais de ce manque d'oxygène. Je ne sais pas si je suis mort à ce moment mais il en aurait mieux été ainsi car la suite de mon étrange périple ne fut que souffrances et douleurs.
Je me retrouvai libre à nouveau après une chute de plusieurs étages amortis par de l'eau, encore de l'eau. J'étais dans un immense réservoir aux murs blancs dont l'eau, beaucoup trop froide, gelait le sang. Je ne sais pas s'il fut possible de m'y adapter mais peu après ma chute, un vortex puissant commença à aspirer l'ensemble de l'eau du réservoir. J'aurais sans doute pu combattre pour m'évader du gouffre si ce n'avait été de la maladie qui me rongeait.
Très faible, et je crois que c'est à ce moment que je suis mort, je me retrouvai dans l'immense tourbillon inévitable m'abandonnant à mon triste sort. Qu'avais-je donc fait au Dieu Neptune pour mériter un tel supplice ?
Le corps meurt mais l'esprit peut encore fonctionner pour un instant. Les yeux ouverts, immobile et flottant dans ce courant, je voyais ce qui arrivait à ma dépouille mortelle. La rivière était sombre, étroite et très sinueuse. Plusieurs dizaines de fois, mon corps heurta les parois métalliques renforcies sans doute pour qu'un corps solide ne dévie pas l'eau, se brisant un peu plus à chaque fois. Au bout d'un temps, même si maintenant cela ne comptait plus pour moi, la canalisation se transforma en un delta où je fus projeté dans un collecteur. J'étais seul mais je sentais la présence d'autres.
Mon esprit se détacha enfin du corps décharné que j'étais devenu pour enfin s'engloutir dans les profondeurs d'un abîme plus sombre que l'on ne peut imaginer sans doute dévoré par des créatures de l'enfer aux doigts griffus vivant dans cet étrange marais immonde.

Post-Scriptum : Imaginez maintenant l'aventure étrange d'un poisson mangé par la maladie que l'on jette simplement aux toilettes. Mettez-le dans la peau du personnage de l'histoire et voyez!



Neolamprologus brichardi

Le Monde Aquatique, Avril 2003, vol-33, p. 16.
Par ; Guy Hamel,
Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec.


Ce cichlidé du lac Tanganyika est élevé en aquarium depuis la fin des années soixante.
Neolamprologus brichardi a d'abord été décrit en 1952 sous le nom de Lamprologus savoryi elongatus, le nom commun le plus souvent utilisé est : Princesse du Burundi. Une variété de brichardi albinos a été produite en Floride.
Neolamprologus brichardi se trouve tout autour tour du lac Tanganyika. Il vit à des profondeurs de 15 à 50 pieds, dans des zones de rochers fissurés posés sur fond de sable ou de boue. La température du lac est stable à l'année à environ 25°C - 79°F.
Ces poissons sont carnivores et se nourrissent de zooplancton, invertébrés et crevettes d'eau douce. Son corps est en forme de torpille, de couleur brun crème et il a des marques distinctives sur l'opercule. Les nageoires sont transparentes et, sauf les pectorales, sont lisérées de lignes bleues.
Une ligne bleue clair passe sous l'œil, de la bouche vers l'opercule, la moitié supérieure de l'œil est cerclée du même bleu. L'opercule a une tache brun foncé qui se répète par une plus petite tache derrière l'oeil.
La bouche, bien dessinée, est forte et on voit facilement des dents en formes de croc typique de la famille lamprologuine.
En aquarium, de l'eau propre bien aérée à une température de 78 à 82°F, pH de 7.8 à 8.4. Dureté de 500 à 700 ppm TDS. Des changements d'eau d'environ 25% au deux semaines sont appréciés, par contre, des changements plus importants ou trop fréquents semblent préjudiciables surtout si des alevins sont présents.
Ces poissons n'ont aucun dimorphisme sexuel extérieur apparent. Mâles et femelles atteignent une taille de 10 cm, 4 pouces. Quelquefois le mâle sera plus gros et ses nageoires plus développées, mais c'est rarement le cas.
Les brichardi sont monogames, la femelle s'occupant du frai qui a lieu dans des crevasses ou des grottes, alors que le mâle s'occupe de la défense du territoire. Chaque poisson doit pouvoir disposer d'une grotte où pouvoir établir et défendre un territoire.
En élevant de 6 à 8 juvéniles ensemble dans un aquarium bien garni de pierres, un (ou plusieurs) couple se formera éventuellement. À ce moment, il faudra retirer tout poisson qui sera rejeté par le groupe. Ce poisson nagera constamment à la surface dans un coin pour essayer de rester hors d'atteinte des attaques des autres.
Les préparatifs de ponte consistent d'abord par le nettoyage du site de ponte choisi, habituellement, une grotte profonde la mieux cachée possible. La femelle prendra souvent position devant le mâle, à la perpendiculaire, nageoires déployées corps frémissant. Les œufs sont jaune pâle sont toujours très bien cachés. De forme ovoïde, ils mesurent environ 1/8 de pouce de longueur. Les pontes sont importantes étant donné la taille du poisson, de 150 à 200 œufs. La femelle s'occupe des œufs alors que le mâle défend le territoire... L'éclosion a lieu trois jours après la ponte, les larves mesurent 0.25 pouce de long. La femelle les place dans un trou creusé dans le gravier. Le sac vitellin met 5 jours à se résorber.
Dès qu'ils nagent, les alevins peuvent manger des nauplies d'artémias, mais on peut très bien ne les nourrir que de nourriture en flocons. Dès l'âge de 4 semaines, ils ont la même apparence que les adultes, vers 6 semaines, ils devraient mesurer ½ pouce de long.
Ces poissons forment des familles " nucléaires ", plus d'une portée étant élevée simultanément. Les alevins plus âgés s'occupant des portées subséquentes.
La ponte peut être déclenchée en haussant la température de 3 à 5°F. Ce sont des cichlidés moyennement agressifs, territoriaux.
Des colonies de type harem sont parfois créées. Un mâle peut défendre un territoire comptant jusqu'à 5 femelles qui chacune, établiront un petit territoire à l'intérieur du territoire plus grand du mâle.
Ce sont d'excellents parents qui respecteront même les petits d'autres couples présents dans le bac.

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