Bienvenue sur le site de l'ARAQ >>>

Association Régionale des
AQUARIOPHILES
de Québec C.P. 9574, Sainte-Foy, Québec (QC), G1V 4C2

Pour revenir au début de la page " Double Clic" avec la souris sur l'arrière plan.
Sommaire:

Le Mot du président
Section des Éleveurs
Aquariophile du mois
Petites Annonces


Articles:

Des poissons et des hommes; un moyen de m'aimer davantage

Les chromosomes et les allèles

Le Monde Aquatique
Mars 2004 - vol 34


Des poissons et des hommes; un moyen de m'aimer davantage

Le Monde Aquatique, Mars 2004, vol-34, p. 6.
Par ; Michel Roy,
Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec.


D'abord, s'offrir un aquarium, c'est ce que j'appelle se faire plaisir, se gâter un peu, c'est même parfois se payer du luxe. Jusque là, je suis persuadé que vous allez être d'accord avec moi si je vous dis que c'est, d'une certaine façon, une manifestation d'amour envers soi-même que de s'offrir quelque chose. Cependant, j'aurais le goût de pousser la remarque un peu plus loin pour les besoins de la cause.

Imaginez-vous sur le bord de l'eau. Vous vous arrêtez, puis vous vous penchez un peu pour mieux voir, en dépit de l'encombrement de l'eau, votre reflet dans l'eau. C'est un peu de cette façon que je perçois ce que m'apporte l'aquariophilie et pour être encore plus singulier, par cette figure de style, je suis porté à dire que l'aquariophilie nous apprend à nous aimer davantage, à nous percevoir différemment. Notre visage, dans la nature, est tellement plus beau, n'est-ce pas? C'est comme une version améliorée du reflet de notre réalité, améliorée par un brin de beauté, le vrai et non le moindre. Et c'est là que débute ce que j'appelle partir en quête de son amour-propre. Commencer par éprouver du plaisir à faire ce que l'on fait, puis, par la fierté de l'avoir réalisé, de l'avoir matérialisé, d'avoir créé l'on découvre qu'il n'y a rien d'intéressant qui aurait pu être réalisé sans l'apport d'une aspiration intérieure, d'un épanouissement intérieur. Cette façon de se percevoir différemment nous porte à voir davantage le beau en nous, à moins que l'aquarium soit vraiment très désagréable à regarder. Mis à part les remous à la surface de l'eau qui obstruent notre vue de ce monde dans lequel nous vivons et qui est parfois austère, grâce à cela, souvent, il se transforme en un éden, en un paradis terrestre. Rien qu'à la vue d'un aquarium, nous y plongeons jusque dans les profondeurs de notre être, nous y découvrons, à chaque fois, le reflet de ce que nous sommes dans ce monde si immense. Ce petit habitacle prend vie dès lors sous différentes expressions, mais surtout celle de la nature qu'il évoque et qui me rappelle que notre essence propre est celle que nous faisons partie d'elle et que nous sommes surtout de nature à lui ressembler. Dans ce sens, le je se perd dans le nous comme le reflet d'un visage sur la rive d'un lac et perd donc un peu d'importance en faveur d'un décor majestueux.

Faire partie du club me donne également cette curieuse impression de faire partie du nous. Elle me fait penser davantage en fonction du nous et moins en fonction de mon intérêt personnel, puisqu'un aquarium prend aussi de la valeur dans l'expression du regard des autres. Donner et recevoir cet échange nous confronte à nous accepter davantage. C'est cette reconnaissance, cette gratitude que j'éprouve que je vous partage en écrivant cet article, en participant activement à ce nous que nous sommes. Je suis content et fier d'en faire partie, ce que je n'éprouverais pas autant à le vivre tout seul. C'est dans cette forme d'expression que j'ai trouvé plaisir à faire cela tout en étant en compagnie de gens avec qui il fait bon être. Comparativement, on ne peut qu'éprouver que ce que j'appellerais une gratification secondaire à la remise d'un diplôme, au prestige de ses connaissances, aux apparats du succès financier qu'ils peuvent laisser sous-entendre. Quoi qu'il en soit, il me reste toutefois un certain malaise encore plus virulent lorsque je gravite dans ces hautes sphères de connaissances qui, souvent, exigent un minimum de connaissances. Par exemple, depuis trois mois, j'ai installé un aquarium d'eau salée. C'est bien beau dire aimer ça, il faut tout de même se servir de sa tête dans une telle aventure. Malgré tout, j'avoue que j'ai un peu peur d'y perdre le plaisir que j'ai à faire ce que je fais, au détriment des connaissances que cela implique. À lire, on acquiert de l'information; lorsqu'on étudie, on acquiert de la connaissance. Puis, lorsque l'on développe une connaissance, c'est qu'elle a été intégrée, c'est-à-dire intériorisée. J'ai peur d'avoir à le faire avec ma tête et moins avec mon cœur, autrement dit d'avoir de la difficulté à l'intégrer. L'un seulement peut justifier, selon moi, convenablement tout ce temps mis, cette énergie consacrée à un ou plusieurs aquariums, ou à cette eau qui me renvoie le reflet de moi-même, qui sait ? Donner vie est un peu comme donner une âme; conscientiser, c'est un peu comme intégrer tout cela de façon à rester équilibré. Voilà ce qui se révèle comme un défi de taille pour moi. Tout cela se dévoile dans un seul discours. Cela parvient à force de s'aimer davantage. Voilà une raison sociale qui vaille son pesant d'or : faire partie d'une association qui nous permet d'avoir du plaisir à pratiquer ce loisir. Sinon, à quoi bon ? Il y a toujours les livres qui peuvent nous informer, il y a aussi les gens tous aussi passionnés les uns que les autres.

Les chromosomes et les allèles

Le Monde Aquatique, Mars 2004, vol-34.
Par ; Dominic Gagné,
Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec.


Partie I

L'ADN se présente dans les cellules sous la forme d'une double chaîne que l'on nomme chromosomes (pour en savoir plus sur l'ADN, lire la petite histoire de comment ça marche, dans un numéro précédent).
Plusieurs chromosomes forment le génome d'un organisme. Les chromosomes, qui viennent en paires, sont de nombre variable et contiennent une information différente selon les espèces. Selon la complexité du génome d'un organisme, le nombre des chromosomes variera. L'ADN contient l'information permettant de fabriquer un être vivant entier avec des caractéristiques précises contenues dans les gènes. Des informations différentes peuvent aussi être rencontrées à l'intérieur d'une même espèce, ces différences sont visibles chez les individus via l'expression des allèles (on n'a qu'à penser à la couleur chez les guppies). Mais comment est-ce que ça fonctionne?

Le gène, unité structurelle de l'ADN, compose les chromosomes. Comme ceux-ci viennent en paires, chaque gène vient en deux copies. Chacune des copies, identiques ou pas, s'appellent des allèles (un article futur décrira comment se font les études de phylogénie ou de l'évolution des espèces). On note donc les allèles par paires. Un allèle conférant une caractéristique dominante se note en majuscule. Dans la littérature, un allèle conférant une caractéristique pouvant être masquée par une dominance est notée en minuscule (récessif).

Partie II

La queue de lyre chez le queue d'épée
L'expression de la queue de lyre chez le queue d'épée est un exemple de gène qui n'est pas lié au sexe du poisson (donc sur un chromosome homologue). On peut trouver dans le commerce autant des mâles que des femelles ayant ces grandes et belles nageoires en pointes. Le problème de la variété est que les mâles sont incapables de se reproduire de façon naturelle du fait que le gonopode, organe reproducteur, est également très allongé. On se retrouve donc avec de beaux mâles qui ne donneront pas de progéniture même si le gène est dominant, preuve qu'une caractéristique dominante ne donne pas que des avantages. Pourquoi alors acquérir de tels poissons et comment se fait-il que les producteurs soient capables de nous les produire à si bon prix ?
Allons-y avec la génétique. Le gène pour la queue de lyre se nomme L. On l'écrit en majuscule pour montrer qu'il est dominant. Un queue d'épée sans queue de lyre (normal) se doit d'être un poisson ne possédant aucun allèle dominant de ce gène, donc l / l (car le gène est présent mais sans expression dans un poisson normal). La présence d'un poisson, mâle ou femelle, possédant la queue de lyre signifie qu'un ou les deux allèles dominants du gène y sont donc L / L ou L / l (homozygote ou hétérozygote, respectivement). Voyons ce qu'il advient d'une femelle queue de lyre que l'on achète, déjà gestante, mais dont on a aucune idée du géniteur. Quelles sont les probabilités, que devrions-nous obtenir comme bébés ?
Dans un cas simple, supposons la femelle homozygote et le père normal (car les queues de lyre mâle ne sont pas physiquement fonctionnels pour féconder les femelles):

Tableau 1
Femelle (L / L)?
Mâle (l / l) ?
L L
l L / l L / l
l L / l L / l

La ligne supérieure du tableau est le génotype supposé de la femelle et celui du mâle est dans la première colonne. Les résultats du croisement se retrouvent dans les autres cases, représenté par les combinaisons parentales. Comme le gène est dominant et qu'il se retrouve dans toute la progéniture hétérozygote, on aura donc 100% des petits à venir au monde qui seront queue de lyre. Je l'ai expérimenté avec trois femelles de couleurs différentes, achetées à des endroits différents et à des moments différents. J'ai eu, à tous coups, des petits normaux et queues de lyre. Il y a donc peu de chance pour que les femelles soient homozygotes dominantes, nous devons donc supposer la femelle hétérozygote et le père normal:

Tableau 2
Femelle (L / l)?
Mâle (l / l) ?
L l
l L / l l / l
l L / l l / l

Comme on peut le voir dans le tableau précédent, la descendance sera dans la moitié des cas de type normal (l / l) et queue de lyre hétérozygote (L / l). Comme ce n'est pas lié au sexe du poisson et que le ratio mâle / femelle est de 1/2, la moitié des poissons queue de lyre seront des mâles et l'autre des femelles (1/4 de mâles et de femelles queue de lyre). Cela ressemble beaucoup à ce que j'ai eu. Mes poissons, étant encore trop jeunes pour en déterminer le sexe, mon ratio queue de lyre / total des naissances est de 22 / 40. Je pourrai donc recommencer plus tard avec de jeunes femelles queue de lyre et reproduire le second tableau à volonté.
Chez le guppy, il y a bon nombre de gènes qui se comportent de la même façon que pour la queue de lyre du queue d'épée. Les trois couleurs de base du corps sont des gènes qui s'expriment d'une façon dominante. Le noir (B, pour black), le jaune (Y, pour yellow) et l'iridophore (I) qui correspondent aux couches de cellules pigmentaires chez le guppy sauvage. La couleur verdâtre provient du reflet de la lumière bleue sur les cellules iridophores. Les couleurs merveilleuses que l'on rencontre aujourd'hui proviennent de gènes liés de près ou des mutations à ces couleurs de base.
Si la fécondation artificielle vous tente, vous pouvez toujours prendre le sperme d'un mâle queue de lyre et inséminer une femelle queue de lyre. En traçant le tableau du croisement, en supposant le mâle et la femelle hétérozygote, quelle progéniture devriez-vous obtenir et quel avantage cela vous donnerait-il? La réponse un peu plus loin dans votre journal

Réponse à la question de génétique:

Femelle (L / l)?
Mâle (L / l) ?
L l
L L / L L / l
l L / l l / l

Les trois quarts des poissons seront queue de lyre, contrairement à la moitié dans un croisement normal (tableau 2). Comme la moitié des poissons seront des mâles et l'autre des femelles, vous devriez obtenir quelques unes homozygotes et queues de lyre et ainsi pouvoir réaliser le croisement du tableau 1, donnant uniquement des petits queues de lyre, sans avoir à attendre qu'ils grandissent pour la sélection.

ARAQ © Tous droits réservés (PLD) 2003.