![]()
|
|
Sommaire:
Le Mot du président Section des Éleveurs Aquariophile du mois Petites Annonces Articles: Gammarus Gnathonemus petersi Mauvaises expériences |
Le Monde Aquatique Mars 2002 - vol 31 Gammarus Le Monde Aquatique, mars 2002, vol-31, p. 6. Par ; Guy Hamel, Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec. Voici un petit portrait de ces animaux élevés par certains membres de la Section des Éleveurs. Les gammares, aussi appelées crevettesd'eau douce (scuds en anglais) sont des Crustacés Amphipodes. Il en existe un grand nombre d'espèces difficiles à différencier. Dépendant des espèces, leur longueur varie de 9 à 20 mm ; les mâles sont beaucoup plus grands que les femelles. La coloration varie du gris au noir en passant par le vert, roux et brun. Ils ont deux paires d'antennes de longueur égale, contrairement à Hyalella, un autre amphipode qui lui ressemble, dont une des paires d'antennes est plus courte. Les deux yeux sont à facettes comme ceux des insectes. Ils se nettoient très fréquemment les antennes et le corps à l'aide de leurs nombreuses pattes. Bien qu'ils préfèrent les eaux bien oxygénées, on en trouve aussi en eau stagnante. Certaines espèces vivent en eau salée. Les gammares vivent bien en aquarium, par contre, ils peuvent endommager les plantes. Les températures tolérées vont de 0(C à 35(C, 32 F à 95F. La température idéale serait de 18 à 30(C. Le pH est de peu d'importance, mais une eau minéralisée est préférable, sinon nécessaire pour permettre la calcification de la carapace. Sous l'abdomen, de courtes pattes s'agitent sans arrêt pour amener l'eau en contact avec les branchies qui extraient l'oxygène de l'eau. Ils nagent soit, lentement, sur le dos en agitant les pattes, ou par sauts brusques et rapides, en détendant le corps. Ils rampent couchés sur le côté en s'accrochant (maladroitement) aux pierres ou à la végétation. Les gammares se nourrissent surtout de végétaux morts et des microorganismes qui colonisent les surfaces. Ils sont aussi charognards quand l'occasion se présente. Ils peuvent capturer du plancton. Les deux premières paires de pattes du thorax portent des pinces qui permettent de saisir la nourriture. On voit souvent des couples "enlacés" : le mâle beaucoup plus gros transporte la femelle. Ce n'est pas là galanterie et nobles sentiments! L'accouplement ne peut se faire qu'après la mue de la femelle, avant que sa nouvelle "carapace" ne durcisse. La fertilisisation (interne) n'est possible qu'à ce moment. Le mâle qui transporte la femelle est donc assuré d'être là à temps pour transmettre son bagage génétique. La femelle porte sa ponte dans une poche incubatrice: le marsupium. De couleur orange, ces œufs sont visibles à travers la carapace. Les jeunes sortiront du marsupium lors de la prochaine mue de leur mère, ils s'accrochent à son ventre un certain temps avant de s'éloigner. Ils mettent 6 à 7 semaines à atteindre la maturité. En théorie, un couple de Gammarus se reproduisant aux dix jours pourrait produire 25,000 descendants en une année. Pour les élever, un bac rempli d'eau verte avec une mince couche de feuilles mortes dans le fond, est suffisant. On ajoute des feuilles mortes ou autre matière végétale au fur et à mesure de leur consommation. Des changements d'eau réguliers ne peuvent qu'être bénifiques. Ils ont besoin de calcium pour construire leur carapace, si l'eau est trop douce, l'ajout de carbonate de calcium peut être indiqué. Leur carapace est trop dure pour les plus petits poissons, mais les cichlidés et, même les tétras avec leur mâchoires bien équipées de dents, s'en occupent rapidement. En europe, ils sont élevés commercialement comme nourriture à poisson. Si on les collecte en nature, les amphipodes ornés de petites taches rouges sont porteurs des larves de vers parasites qui peuvent s'attaquer aux poissons de l'aquarium. Une espèce des eaux saumâtres du Languedoc-Roussillon, Gammarus insensibilis est parasitée par un trématode qui a développé une tactique étonnante. Ce ver vit dans l'intestin d'oiseaux aquatiques ; ses œufs en sont expulsés avec les excréments. La larve qui en éclot s'installe pour le premier stade de son développement dans un escargot (hôte intermédiaire), puis quitte l'escargot pour infester un gammare. Bien sûr, la probabilité qu'un gammare infesté soit consommé par un oiseau est faible. La larve s'installe donc près du cerveau du gammare et en perturbe le comportement. Il tournoie à la surface de manière désordonnée, en pleine lumière, contrairement aux gammares sains qui fuient la lumière. Ainsi, le parasite augmente énormément ses chances de passer dans son hôte définitif. Les chercheurs les ont baptisé "gammares fous"! Ils sont "manipulés" par le parasite ! (source : www.cnrs.fr/Cnrspresse et travaux de Simone Helluy, 1983) Gnathonemus petersi Le Monde Aquatique, mars 2002, vol-31, p. 12. Par ; Alain Sageret, (extraits de) Aquarium magazine Nov. 1991. Le genre Gnathonemus appartient à la famille des Mormyridés, dont la centaine d'espèces, réparties en onze genres, habitent les eaux calmes, limoneuses et obscures des grands fleuves et mares africaines. Ces poissons ont une grande faculté d'adaptation. Ils varient considérablement par leur forme et le développement du museau et de la bouche. Gnathonemeus petersi se rencontre de l'Afrique centrale, Zaïre, Cameroun jusqu'au Niger. Il affectionne plus particulièrement les marécages et les eaux douces très ombragées, à fond boueux et vaseux où il cherche, au moyen de sa " trompe " de la nourriture vivante. Impossible de confondre le poisson-éléphant à l'allure élancée et aux flancs comprimés avec un autre poisson. Son corps d'une élégante symétrie tient à la fois de l'éléphant et du sous-marin; pédoncule caudal très fin, nageoire caudale profondément échancrée, dorsale et anale placées en arrière du corps. Cet étrange animal porte une petite bouche ronde aux dents alignées sur une seule rangée, au milieu de chaque mâchoire. Au-dessous, un appendice très mobile se prolonge comme une trompe, d'où l'appellation commune de poisson-éléphant. Contrairement aux trompes d'éléphants, ce prolongement de la mâchoire inférieure, qui mesure environ 20mm chez l'adulte, n'est pas tubulaire. Sorte de doigt tactile il ne sert pas à prendre les aliments, mais permet de les détecter en jouant pratiquement le rôle de la canne blanche d'un aveugle. D'ailleurs ce mormyre possède une vue médiocre. Ses yeux, qui paraissent légèrement voilés, sont recouverts d'une membrane transparente qui atténue la visibilité, mais sert de protection lors de l'exploration des sols vaseux en position inclinée. Si un met est détecté, le poisson replie son rostre au-dessous, se redresse presque à la verticale, fonce sur la proie, passe sa trompe sous elle pour la sortir du sable et l'engloutit rapidement. À cause de l'aspect inhabituel de sa bouche (forme cylindrique) il ne capture que difficilement les petites proies qui nagent; mieux vaut distribuer congelés les artémias, daphnies et larves de moustiques. Par contre, il affectionne particulièrement vers de vase et tubifex vivants. Gnathonemus petersi a d'énormes besoins alimentaires. La nourriture distribuée en abondance, doit provoquer chez cette espèce un gonflement de l'estomac nettement visible, qui est un signe de bonne santé. D'ailleurs, lors de l'achat de nouveaux pensionnaires, assurez-vous qu'ils ne refusent pas la nourriture. Ce petit test permet de voir s'ils sont en bonne voie d'adaptation. Ce poisson hors du commun possède une autre caractéristique surprenante. En 1958, on a découvert que ces Mormyridés étaient équipés d'organes électriques. Il ne s'agirait pas d'un système radar mais de petits muscles spéciaux, propres à ces espèces, et groupés par paires dans le pédoncule caudal. Ceux-ci lancent des décharges électriques de faible intensité. Chaque impulsion, émise à un rythme variable (de 1 à 20 par seconde en moyenne chez le petersi) créé un champ électrique instantané autour du poisson, dont l'intensité et la fréquence augmentent ou diminuent selon les circonstances (obstacles à proximité immédiate) et le comportement (exploration, nage rapide, attaque, repos ou guet). Ces distorsions véhiculées par les courants électriques, stimulent certains organes récepteurs cutanés et fournissent des informations aussitôt analysées par le cerveau. De cette façon, le poisson-éléphant peut s'orienter en eau trouble et dans l'obscurité, sans la moindre erreur. Il repère les substances comestibles en les distinguant d'autres objets à conductivité variable (1 volt au contact du poisson, quelques millivolts à une certaine distance, mais d'une durée brève : 0,3 milliseconde). Ce système inhabituel lui permet aussi d'identifier ses congénères, adversaires et partenaires sexuels. Il suggère peut-être l'existence d'une communication entre individus et joue un rôle social incontestable, chaque espèce ayant apparemment son propre rythme d'émission. Par un montage électrique, il est possible de mettre en évidence les signaux électriques émis, en les rendant audibles et visibles après une forte amplification. On s'aperçoit par exemple qu'une augmentation de fréquence de la décharge peut-être interprétée comme un signal d'alarme provoquant chez les congénères présents un arrêt d'activité! Les animaux sont inquiets à cause de la détection d'une irrégularité dans la distribution du champ électrique qu'ils créent en permanence autour d'eux. Mais en aucun cas, il ne s'agit d'une arme offensive ou défensive : ce mécanisme très utile ne lui sert pas à étourdir les proies, comme le fait l'anguille électrique, mais uniquement à s'orienter, à repérer les obstacles ou ses congénères et probablement à communiquer. Les Mormyridés font sans aucun doute partie des poissons d'aquarium les plus intelligents. Le poids de leur cerveau, par rapport à celui du corps, est proportionnellement supérieur et mieux équilibré que chez l'homme! Le cervelet, plus volumineux que chez d'autres poissons (1/5e du poids du corps), semble être le lieu où s'opèrent l'analyse et la synthèse des informations reçues. D'ailleurs, suite à maintes observations, certains aquariophiles leur attribuent des actes hors du commun et plus précisément des travaux de sauvetage pour remettre sur " nageoires " un infortuné congénère présentant des signes évidents de malaise profond, après une sortie hors du milieu aquatique, par exemple. Suivant l'incidence de la lumière, la coloration gris-brun foncé du petersi, presque noire, s'illumine d'irisations vert mordoré; le ventre est plus clair. Une ou deux bandes transversales faibles et irrégulières, blanc-jaunâtre, réunissent les nageoires dorsale et anale qui forment une sorte de palette très sombre finement bordées de blanc. L'œil est gris-jaune métallique. Toutes les nageoires sont grises ou noires. Ce poisson-éléphant de 25 cm dans le milieu naturel, reste nettement plus petit en aquarium : 12 à 15 cm, parfois exceptionnellement 18 cm en bac non surpeuplé. Un bac de 200 litres environ s'impose, placé dans un endroit calme; en effet, l'espèce est très sensible aux vibrations, voire aux bruits de pas. Le fond est obligatoirement recouvert de sable fin pour lui permettre de fouiller sans se blesser. Sur ce substrat, sombre de préférence, les racines et les roches abondent et forment des abris. Gnathonemus petersi a besoin de vivre dans la pénombre, car il craint vraiment la lumière. Tenu de cette façon, ce mormyre apparaît plus souvent au cours de la journée, malgré sa réputation de poisson nocturne. Sa livrée sombre lui sert de camouflage, jusqu'à devenir presque invisible! L'éclairage du bac doit être très faible. La seule plante qui survit à ces conditions est la mousse de Java et peut-être la fougère de Java. La température requise se situe entre 23 et 28 C. La composition de l'eau est peu importante. En milieu naturel, cette espèce occupe une eau acide, pH 5.5 à 6.5, et très douce. Même s'il se montre plutôt territorial, voire agressif à l'égard des membres de sa propre espèce, il est préférable de le garder en groupe de 4 à 5 individus. Il ne faut pas le faire cohabiter avec des poissons belliqueux ou turbulents. Il est préférable qu'ils aient leur propre bac. Cela limite les risques de mortalité beaucoup trop fréquents avec ce poisson. Ce poisson se déplace aussi bien par en avant qu'à reculons avec une extrême agilité, dans une obscurité totale. Son système de " navigation " est apparemment perfectionné. Quand il ne mange pas, il joue : il peut s'amuser pendant des heures avec une feuille ou un autre objet léger, qu'il balance en équilibre sur son rostre. Cet exercice, dont il ne se lasse pas, est une caractéristique de plus à son actif. Gnathonemus petersi est robuste. Mais il supporte très mal une baisse brutale de la température. Avec des soins appropriés, cette espèce peut vivre 5 à 6 ans au minimum. Elle ne s'est jamais reproduit en aquarium. Mâles et femelles sont difficiles à distinguer; l'anale du mâle possède des rayons antérieurs plus longs et épais. En nature, ils fraieraient lors de la saison des pluies. Dès le début de la crue, ils migrent en amont des cours d'eaux en grand nombre. Le poisson-éléphant ne se trouve en animalerie que de façon saisonnière, de décembre à avril, période correspondant à celle d'une pêche favorable dans le milieu naturel. La forme bizarre et étrange des poissons de la famille des Mormyridés était déjà un objet de fascination pour les artistes de l'ancienne Égypte. Elle l'est encore pour nous, aujourd'hui. Dans l'Antiquité ces mormyres du Nil, et d'autres espèces au museau étiré, étaient vénérés, notamment l'Oxyrhynchus (museau pointu), démuni de rostre, mais portant une petite bouche allongée et cylindrique. Cette espèce a été momifiée, peinte et sculptée sur les tombeaux. Une statuette de bronze la représente, coiffée des attributs de la déesse égyptienne Hathor. Ce poisson fait d'ailleurs partie de la légende d'Osiris : Set, dieu des ténébres et du mal, tua son frère Osiris et jeta son cadavre, déchiré en morceaux dans le Nil. Isis reconstitua le corps, auquel il manquait le phallus que l'oxyrhynque avait avalé. C'est pourquoi, à l'époque, l'animal était considéré comme un reliquaire. À tel point que les habitants d'Oxyrhynchos déclarèrent la guerre aux riverains d'en face qui se permettaient de les manger! Mauvaises expériences Le Monde Aquatique, mars 2002, vol-31, p. 17. Par ; Dominic Gagné, Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec. Je vais essayer de vous raconter dans une série d'articles, qui paraîtront sans doute irrégulièrement en raison de mon manque de régularité, des mauvaises expériences d'aquariophilie que j'ai vécu. Elles ne seront pas nécessairement présentées chronologiquement du fait qu'il y en a eu tellement que je ne sais par où commencer. Je dirai seulement que les textes seront cotés comme au cinéma car la violence, involontaire bien sur, y est quelques fois présente. Pour celle-ci, on dira 8+. Ça m'est arrivé récemment. J'ai quelques aquariums à la maison mais vu que bien sur, comme aquariophile, on a des coups de cœur irrésistibles qui font qu'une fois à la maison, on ne sait où mettre nos achats. Je me rends donc dans une animalerie sans idées précises. J'y trouve de jolies platys. Beaucoup de femelles et de surcroît, gestantes. Une femelle orange à queue noire attire mon attention par sa beauté. Pour ne pas faire déplacer le commis inutilement, j'en fait mettre deux dans le sac mais, même si je les trouve moins jolies, j'en prends une seconde qui est presque complètement noire sur fond cuivré. À la maison, je les mets dans un bac de 5 gallons inoccupé. Quelques jours plus tard, la noire cuivrée délivre ses petits. Je dois donc sortir les deux poissons du bac. Mais où les mettre? J'avais une 25 gallons avec des plantes, 3 gros mâles Aequidens viridis (10-15 cm), quelques faux néons, et 6 barbus marbrés. Un copain m'avait offert ces Aequidens, qui sont en fait des cichlidés nains de limite supérieure, qui en plus avait déjà été maintenus dans un bac de 10 gallons avec des tout petits nains (Apistogramma nissjeni). Je me suis dit qu'il n'y aurait sans doute aucun problème à y mettre les deux femelles platys. Je le fis donc. En raison d'une fin de semaine à l'extérieur de Québec, j'ai perdu la portée de la seconde femelle (celle qui m'intéressait), l'orange à queue noire. Pas besoin de vous dire ce que sont devenus les bébés. Ce n'est malheureusement pas le drame. Quelques jours plus tard, je cherche ma femelle à queue noire dans le bac sans la trouver. Encore des recherches pour enfin la trouver avec sa caractéristique en moins, c'est à dire sa queue noire. Peu de temps après, elle succombait à ses blessures. La morale de cette histoire, c'est peut-être que la vie nous réserve toujours des surprises, même quand on ne s'y attend pas. Non, en réalité, personnellement, je ne mettrai plus de petits poissons aux couleurs vives avec des poissons de taille intermédiaire. Aujourd'hui, l'autre femelle est toujours avec les Aequidens et elle se porte à merveille. |
ARAQ © Tous droits réservés (PLD) 2002. |
|