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Association Régionale des
AQUARIOPHILES
de Québec C.P. 9574, Sainte-Foy, Québec (QC), G1V 4C2

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Aquarium du Québec

Culture des Artémias

Le Cloporte

Le Monde Aquatique
Février 2004 - vol 34


Aquarium du Québec

Le Monde Aquatique, Février 2004, vol-34, p. 7.
Par ; Dominic Gagné,
Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec.


En ce 28 décembre 2003, nous décidâmes d'aller juger de nous même de ce qu'était devenu notre vieil Aquarium du Québec. Coup de chance pour nous (mais pas pour les investisseurs), il n'y a que quelques dizaines de voitures sur le stationnement. De bonne humeur et sans préjugé, nous passâmes la guérite et nous dirigeâmes vers le bâtiment principal (le même qu'avant avec un bon bout de plus à l'ouest). Le décor de ce début d'hiver est magnifique. Le site est beau et bien aménagé. On voit à droite du bâtiment un joli aménagement consacré aux milieux humides. Sur la gauche (ancien stationnement des employés), on voit de nouveaux bassins extérieurs et ce qui doit être l'habitat des ours blancs, tout au fond.

Nous entrons maintenant dans le hall du bâtiment principal. Un "naturaliste" nous invite à une plongée dans le grand océan, du côté de l'agrandissement. Trop de monde, on décide d'en profiter pour visiter paisiblement le reste du niveau 0: les eaux douces.
Avant de continuer, je dois ouvrir une parenthèse sur l'ensemble des espèces présentées à l'aquarium. Le pavillon principal est séparé en trois parties couvrant les habitats aquatiques et marins de l'Amérique du Nord: eaux douces, eaux côtières et saumâtres ainsi que les eaux salées. On y voit vertébrés et invertébrés peuplant ces eaux. Ensuite, à l'extérieur, on y trouve la collection de mammifères marins: phoques, morse et ours polaires.
Je reviens au niveau 0. Les premières exhibits sont beaux, composés de bassins et terrarium me permettant de voir quelques espèces d'eaux calmes et chaudes (crapets, mariganes et perchaudes) avec en plus des tortues. Les panneaux d'informations sont de qualité et décrivent brièvement le type d'habitat, son utilité et sa fragilité. Il y a aussi d'intéressants commentaires que l'on peut écouter à divers postes sonores. Peu à peu l'eau se refroidit, passant à des espèces de milieux plus tempérés (achigans, esturgeons, brochet et finalement les différentes truites en passant par le saumon).
Avec les espèces anadromes et catadromes nous passons au niveau 1:
les eaux salées avec les espèces de poissons rencontrées dans les eaux de l'Atlantiques et du St-Laurent (poissons de la famille des morues, Bar rayé, raies, plies et turbot, loup marin, lochette, poule d'eau, etc.). On y voit aussi l'incroyable faune des invertébrés de nos eaux froides et salées (crabes, homards, oursins, étoiles et concombres de toute couleurs et formes, anémones, éponges, coraux et bien sur Bernard, qui vit toujours en Hermite).

Je passe au niveau 2: Zone côtière, voûte polaire et laboratoire. Quelques espèces que je ne connais pas et que nous n'avons pas l'habitude de voir se retrouvent dans la voûte dû fait que l'eau se doit de demeurer très froide en tout temps. La zone côtière est faite de quelques bassins mais surtout de bassins de contact sous la supervision d'un naturaliste connaissant assez bien les petites bêtes que l'on peut toucher. La section laboratoire est intéressante. On peut y observer sous loupe variétés d'invertébrés vivant en eaux douces ou salées, qui pour certains servent de nourriture aux méduses en démonstration.

Grenouilles, salamandres et crapauds sont aussi au rendez-vous, On peut voir le haut des installations du grand océan dont l'exhibit se trouve au niveau 0, endroit où nous retournons pour finaliser la visite du bâtiment principal.
Nous entrons dans un tunnel de verre sous la mer (le grand océan) peuplé d'espèces de poissons du Pacifique, rarement vues en aquarium de ce côté du continent. Je ne reconnais rien, c'est beau et clair. Je crois que nous sommes entrés par la sortie car l'information propre à bien comprendre l'alcôve se trouvait à l'autre bout du tunnel.
De retour à l'extérieur, on se dirige vers les phoques du St-Laurent. Quatre bassins dont trois avec chacun un phoque gris et un avec trois phoques communs. Nous allons enfin vers les nouveautés: le secteur arctique. Un premier bassin avec quelques phoques du Groenland. Un second bassin avec dans un coin un morse au repos et dont on ne voit que Je dos et dans ce même bassin, un autre phoque qui me semble être un commun (sans doute le mâle qui n'est pas avec ses femelles)? Un petit tour aux ours polaires qui ont un magnifique et spacieux enclos. Une petite visite au pavillon des découvertes (près de l'entrée) pour y voir l'exposition sur les îles de la Madeleine. Photos et maquette, peaux de phoques et instruments de chasse sont à l'honneur. Une foule d'information sur les îles est aussi disponible mais quelque peu spécialisée. Une petite salle, semblable mais à petite échelle, présente un documentaire sur la chasse aux blanchons.
De retour à l'entrée, une salle-expérience présente un document audiovisuel :du boréal à l'Arctique. Une visite ne saurait être complète sans un tour à la boutique souvenir, qui n'a pas à envier celles d'autres grands parcs. Cela complète la visite.

Mon appréciation générale ;
Pour en avoir visité quelques uns dans l'Est du continent, de Chipagan à Chicago, je donnerais à celui de Québec une très bonne cote. Les installations sont belles, facile d'accès et l'information est intéressante. Des naturalistes nombreux et compétents peuvent donner un complément d'information aux visiteurs. La collection de mammifères marin est faible, on se demande à quel endroit est rendu le phoque à capuchon d'avant les travaux car exception faite du morse, ce sont les mêmes animaux qu'avant (un gris de plus?). On est bien heureux de voir les ours polaires dans un si bel environnement après avoir vu les anciennes installations du zoo de Québec. On y passe facilement 3 à 4 heures sans même prendre le temps d'une pause café. Côté poissons, j'ai très apprécié les civelles, stade peu avancé de l'anguille, que je n'avais jamais vu auparavant, et tout spécialement les chimères (poisson cartilagineux aussi étrange que le requin). Un peu décevant par contre est la monotonie des poissons, en général peu colorés et plutôt communs. Un petit conseil: puisque la visite se passe en partie à l'extérieur et que les bassins des milieux humides ne sont pas visibles l'hiver, il est peut-être préférable d'attendre le printemps ou bien encore une journée douce d'hiver pour mieux en profiter.

Finalement, malgré le prix d'entrée, l'Aquarium du Québec est un très bel endroit que j'ai aimé visiter.



Culture des Artémias

Le Monde Aquatique, Février 2004, vol-34, p. 12.
Par ; Michel Roy,
Membre de l'Association Rég. des Aquariophiles de Québec.


Pour les besoins de la cause puisque, après toutes ces années, il y a encore des membres qui me demandent une copie de la fameuse recette de culture des artémias, j'ai fait ma petite recherche et j'ai découvert que c'était Martial Rhéaume qui l'avait fait, il y a de cela plusieurs années. Pour le plaisir de chacun et pour ne pas avoir à en faire faire des copies à tous ceux à qui je devais le faire, je l'ai retouchée et remise au propre afin qu'elle soit publiée dans le journal. Il y a de ces articles qui demeurent et qui traversent l'épreuve du temps. Cet outil de travail est fait pour rester alors, encore une fois, merci Martial.

Comment faire éclore les artémias :
  1. Mettre un gallon d'eau dans un pot en verre, utiliser, de préférence, de l'eau vieillie ou moitié-moitié. Ce qui veut dire l/2 gallon d'eau vieillie puisée dans un aquarium et l/2 gallon d'eau neuve.
  2. Ajouter 7 cuillères à table de sel de mer acheté dans une animalerie ou du sel à mariner acheté dans une épicerie.
  3. Ajouter une cuillère à table de sel d'Epsom (laxatif acheté dans toute pharmacie).
  4. Introduire tous ces éléments dans l'eau et brasser la cruche pour mélanger immédiatement.
  5. Aussitôt le tout mélangé, ajouter l/2 cuillère à thé d'oeufs de crevette dans l'eau.
  6. Placer un diffuseur d'air (pierre ponce) actionné assez fortement car avec des milliers de petites vies dans un espace aussi restreint cela requiert beaucoup d'air. Tenir la température entre 75° et 80°, cette dernière est grandement favorable.

Après 48 heures, en regardant la cruche devant une lumière, vous pourrez voir un nuage de petits crustacés nager librement.
IMPORTANT : laisser fonctionner le diffuseur d'air 24 heures par jour et pour éclosion à presque 100%, n'oubliez pas le sel d'Epsom.

Comment les faire grossir et se reproduire :
  1. Mettre 40 gallons d' eau dans une grosse poubelle ou chaudière en plastique. Autant que possible, laisser vieillir l'eau quelques jours.
  2. Ajouter 10 cuillères à table de sel de mer ou de sel à mariner.
  3. Ajouter 2 cuillères à table de sel d'Epsom.
  4. Ajouter une cuillère à table de soda à pâte pour chaque gallon d'eau (bicarbonate de soude acheté dans les animaleries).
  5. Ajouter une pinte d'eau tiède avec 1/4 de cuillère à thé de levure sèche (yeast) vendue dans toute épicerie et laisser dissoudre pendant 24 heures.
  6. Mélanger tous les ingrédients de 1 à 4 et placer 2 diffuseurs fortement actionnés et l/2 cuillère à thé d'oeufs de crevettes et tenir à une température de 75° à 80° et laisser éclore (48 heures).
  7. Après 48 heures ou soit après l'éclosion complète, rajouter la levure déjà préparée à l'avance. En mettre assez pour que l'eau devienne brouillée. Aussitôt que l'eau commence à devenir claire, en rajouter et ainsi de suite. Vous aurez sans doute à préparer d'autres solutions de levure et d'eau pour nourrir les crevettes.
Tout ceci fait, il ne vous reste plus qu'à vérifier de temps à autre la limpidité de l'eau car si elle devient claire, ceci veut dire qu'il y a manque de nourriture. Et ainsi, environ après un mois, vous pourrez pêcher des crevettes de 1/2 pouce de long. N'oubliez pas non plus que rendues adultes, les crevettes ou artémias se reproduisent et le cycle est perpétuel. Ceci fait, vous voici rendus à un stage professionnel dans l'élevage des proies vivantes et vous voici conscients du besoin absolu de nourrir celles-ci.





Le Monde Aquatique, Février 2004, vol-34, p. 15.
Par ; Julie Dion, Dorval, QC,
Une passion
(bibittes à bois)
www.myriade.net .

Expérience d'un éleveur:
Le cloporte est un crustacé terrestre... Eh oui! Le seul crustacé terrestre d'ailleurs. Son exosquelette est plein de calcium et servait, autrefois, à guérir les brûlements d'estomac! C'est le petit frère de la crevette, quoi !
Pour le commun des mortels, le cloporte est un petit être répugnant et gênant qui peuple nos sous-sols humides, mais dans le grand ordre naturel, il est un décomposeur incroyable. Il change en belle terre noire toutes les cochonneries végétales qui vont dans votre poubelle (enfin, votre bac à compost, j'espère!).
D'où vient l'idée de faire "l'élevage" des cloportes? D'un petit garçon qui voulait un animal et de parents qui voulaient quelque chose qui demande un minimum d'entretien...

L'habitat des cloportes est facile à simuler. Celui des nôtres consiste en un petit aquarium d'environ 5 pouces (13 cm) par 12 pouces (30 cm) par 8 pouces de haut (20 cm). Photo à droite. Au départ le fond était couvert d'une mince couche de terre d'environ 1 pouce (2,5 cm). Nous avons utilisé de la terre noire du commerce pour éviter qu'elle soit envahie par des oeufs de pucerons et autres bibittes indésirables. Nous avons quand même eu une famille de pucerons établie sur une feuille. Nous avons retiré la feuille et la colonisation a stoppé net. Nous avons placé une écorce d'arbre dans un coin pour leur procurer un petit coin de noirceur et d'intimité. Une autre écorce fut placée pour servir de nourriture. Pour finir, quelques cailloux pour faire beau, des feuilles séchées pour nourrir et abriter. Nous avons fermé le terrarium d'une plaque de bois avec des trous couverts de moustiquaire. Les cloportes, quoiqu'ils en soient capables, ne sont pas portés à monter le long des murs en verre. Ils préfèrent l'humidité du sol.
Au début, nous donnions des feuilles de pissenlits fraîches en plus des feuilles mortes. Puis, l'hiver arrivé, il nous fallut donner de la laitue. De fil en aiguille, nous avons expérimenté avec radis, concombres, carottes, pommes, persil, etc. Les concombres (pelures surtout) sont les grands gagnants. Surtout lorsqu'ils deviennent un peu mous et suintants. À chaque semaine, nous arrosons la terre avec de l'eau de pluie ou de la neige fondue. L'eau du robinet contient beaucoup de produits chimiques (chlore, fluor, etc.) et nous préférions de pas expérimenter avec cette eau. Si la neige et la pluie se font rares, nous prenons de l'eau de source. La terre doit être uniformément humidifié, mais pas détrempée.
Nous avons nos petits amis depuis plus de six mois. Ils se sont multipliés et leurs déjections (de la belle terre noire) se sont épaissies de quelques millimètres. Ils ont bien survécus l'hiver à l'intérieur, mais de toute évidence, les cloportes québécois doivent hiberner, ce qui nous inquiétait un peu. Mais je suppose que les mêmes cloportes se trouvent dans des régions plus chaudes et ne s'en trouvent pas plus mal.

L'image de droite représente le dessous du cloporte, on peut y voir les quatorze pattes du crustacé et deux antennes. L'image de droite représente un cloporte qui se cache en se roulant en petite boule. Les cloportes préfèrent l'humidité et la noirceur. Toutefois, il est très facile de les observer en plein jour. On peut les voir manger, creuser, marcher. Ils sont très actifs. Ils ont bon appétit et la nourriture disparaît rapidement, lorsque la colonie grandit. Sur les feuilles où les autres légumes, on peut voir de petits rectangles noirs. Ce sont leurs déjections.
Après quelques mois, vous verrez que la litière augmente en épaisseur. Ne vous en faites pas, il n'y a pas d'odeur désagréable. Juste le discret parfum de la terre humide.
Ne laissez surtout pas sécher la terre. Les cloportes ont besoin d'humidité. D'ailleurs, lorsqu'on arrose leur habitat, ils sortent et courent partout. Nous n'avons pu déterminer si c'était de joie ou de panique !

La photo de gauche, montre une écorce de bois (brun orangé), de la terre (brun foncé) et une substance gélatineuse (gris-blanc) collée sur l'écorce. Nous n'avons jamais vu les cloportes "sortir" de cette gélatine, mais à chaque fois que cette gélatine apparaissait, quelques jours plus tard, nous avions une nouvelle portée (une dizaine?) de bébés cloportes. Toutefois, les mois suivants, des bébés naissaient sans ce phénomène. Coïncidence des premiers mois ?
Les bébés sont minuscules. Quand on les voit pour la première fois, ils mesurent environ 1/16 à 1/8 ième de pouce (2mm). Ils grandissent lentement pour atteindre leur grosseur finale en 2 ou 3 mois. Toutefois, il est difficile de savoir exactement le nombre de bébés dans une portée ou le temps de croissance.
Depuis que l'hiver a débuté, il y a moins de naissances, mais cet été, la colonie grandissait si vite que nous avons dû mettre quelques spécimens dans notre bac à compost. Pour l'instant la population se maintient.
De six adultes, cet été, nous en sommes à environ une dizaine de gros cloportes et plusieurs plus petits. Nous avons vu un cadavre une fois, mais c'est tout. Ils doivent se décomposer rapidement, je suppose.
Voici presque un an que nos cloportes évoluent parmi nous. Enfin... dans leur terrarium! Ce premier "hiver" s'est très bien déroulé. Les cloportes, bien au chaud dans la chambre de fiston, ont mangé et composté à souhait. L'une des écorces a été mangée en partie, l'autre continue de servir d'abri. Donc pas d'hibernation réelle.
La reproduction, qui s'était arrêtée net vers octobre, a repris de plus belle en avril. Nous avons donc une bonne quinzaine de nouveaux-nés !
Comme la population avait atteint la soixantaine au début de l'hiver, il fallait pratiquement nourrir nos petites bêtes deux fois par semaine. Avec l'arrivée de la belle saison, nous avons réduit la population à environ 10 individus, plus la moitié des bébés. Les exilées sont maintenant au Paradis ! ...Bien au chaud, dans la boîte à compost du jardin, naturellement !

Épilogue Durant le deuxième hiver, notre colonie de cloportes fut envahie par de petites mouches à fruits. Nous avons tenté de les déloger manuellement, mais sans succès. L'origine de ces dernières nous échappe : introduite par un fruit ? de la vieille neige porteuse d'œufs ? Nous ne savons pas. Nous avons attendu le printemps et remis nos petites bêtes dans le bac à compost. Depuis lors, fiston cherche ce qu'il pourrait bien élever! Mais il n'en reste pas moins que l'aventure fut bénéfique pour toute la famille. Premièrement, c'est un sujet de conversation qui attire l'attention ; deuxièmement, nos enfants ont compris que même les petits êtres répugnants sont utiles, intéressants et dignes de vie ; et troisièmement, ils n'ont pas développé l'aversion habituelle qu'ont les humains pour les bibittes de tout acabit.

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