Barclaya
Le Monde Aquatique, janvier 2002, vol-31, p. 6.
Par ; Jide Saw Namur,
Avril 1985.
Barclaya longifolia (Wallich 1827),
Famille: Nymphéacée
Nom commun: Barclaya
Origine: Thaïlande, Siam, Birmanie, Vietnam
Description succincte :
Dimensions: 20 à 30 cm en aquarium, 40 à 50 cm dans la nature.
Feuille: Lancéolée, 10 à 20 cm de long, 2 à 5 cm de large devenant de plus en plus étroite à mesure qu'on approche de l'apex. Face supérieure vert-brun, face inférieure brun-rouge, nervures plus claires et bien apparentes.
Fleur: fleurit très souvent en aquarium; la fleur peut éclore au-dessus de la surface, mais l'autofécondation et la production de graines est possible sous l'eau sans éclosion du bouton floral.
Tige et enracinement: la plante croît sur un rhizome plus ou moins développé, les racines sont longues, blanches et s'étendent assez loin dans le substrat ; un seul rhizome produit parfois plusieurs bourgeons.
Conditions de vie :
Température : 25 à 28 C, maximum 30 C. Dépérit en dessous de 18 C.
Éclairage: une bonne intensité est souhaitable, mais se contente très bien d'un éclairage moyen.
Qualités de l'eau: pH 6 à 7 DH en dessous de 8 degrés allemand.
Substrat: 1/3 sable fin, 1/3 terreau, 1/3 argile.
Multiplication: par semis ou division de rhizome, mais la réussite n'est pas assurée.
Soins spéciaux: une fois installée, Barclaya supporte mal la transplantation ; éviter donc de la déplacer.
Conclusions :
Une plante magnifique qui a enthousiasmé pas mal d'aquariophiles depuis une vingtaine d'années, ce n'est toutefois pas une plante facile eu égard à ses exigences en eau, en sol et en température; de plus, elle craint les escargots et les poissons de taille importante. Enfin, Barclaya s'octroie des périodes de repos au cours desquelles tout l'appareil foliacé disparaît; à ce moment, il y a lieu de bien laisser le rhizome en place et de ne rien planter d'autre à cet endroit car (avec un peu de chance) quelques mois plus tard, les feuilles réapparaîtront et la plante retrouvera son aspect initial.
La floraison sous eau, bouton fermé, a suscité beaucoup d'intérêt chez les botanistes qui ont décrit plusieurs fois ce phénomène sans être tout à fait du même avis. 
Julidochromis
Le Monde Aquatique, Janvier 2002, vol-31. p. 12
Par ; R. Pourriot Aquarama janvier 1978 ,
Le Tanganyika.
Au miopliocène (ère géologique) soit 3 à 7 millions d'années avant notre ère, une série de failles et d'effondrements du terrain ont créé la vallée du Rift dans l'est africain. L'eau s'est accumulée dans les dépressions ainsi formées et c'est ainsi que sont apparus des lacs dont le plus ancien est le lac Tanganyika. Constitué de deux lacs primaires qui se sont rejoints, le lac Tanganyika s'étale actuellement sur 34,000 km2, soit une surface égale à celle de la Belgique et située à 800 m au-dessous du niveau de la mer. Sa longueur est de 650 km, et sa plus grande largeur est de 70 km.
Son bassin hydrographique, c'est à dire les terrains recevant les eaux de pluies qui sont ensuite drainées vers le lac, couvre une superficie voisine de celle de la Grande-Bretagne.
Bordé au nord essentiellement, par des montagnes, de 2,000 m environ, il est alimenté par des torrents qui descendent, ainsi que par une rivière venant du lac Kivu (plus au nord) et formant un delta dans le lac. Il reçoit aussi, à l'est, "eau de ruisseaux qui débouchent au milieu du lac en produisant un cône alluvionnaire important. Il n'existe qu'un exutoire (trop plein) qui se jette dans le fleuve Zaïre (ex Congo) mais les poissons n'empruntent pas cette voie.
Le Tanganyika possède 3,000 km de côtes. Ses rives sont sablonneuses ou rocheuses. Le fond descend d'abord progressivement, avec une partie plate jusqu'à une profondeur de 300 m puis, à 3 km de la côte, devient brutalement à pic et forme une fosse de plus de 1,000 mètres. Le Tanganyika est le lac le plus profond du monde après le Baïkal: sa profondeur maximum atteint 1,500 m. La zone profonde, riche en hydrogène sulfuré, est impropre à la vie. La zone oxygénée ne dépasse guère les cent premiers mètres qui seuls sont peuplés.
Le climat et la qualité des eaux.
Le régime climatique est variable du nord au sud mais reste celui d'un pays chaud, du fait de la proximité de l'équateur. La température des eaux au-dessous du 400 m est stabilisée à 23,5°C, à 100 m, elle est de 24,5°C et en surface elle varie de 27 ,5°C (en zone agitée) à 29°C (en zone calme). Le pH fluctue de 8,5 à 9,2 unités. Le TH est d'environ 15 degrés français. Les carbonates représentent la partie la plus importante des sels minéraux. Comme la plupart des eaux tropicales (et à l'inverse des eaux de nos régions) l'eau du Tanganyika est plus magnésienne que calcique.
La faune.
La faune et la flore du Tanganyika sont très riches. Le plancton et les poissons abondent mais les éponges, crustacés et mollusques sont aussi présents.
Environ 70% de la faune est composée d'espèces endémiques, c'est-à-dire d'espèces n'existant pas ailleurs. L'existence de ces espèces particulières au lac Tanganyika (la situation est identique au lac Malawi, ex Nyassa) est due à l'évolution d'une faune primitive, isolée par des barrières géographiques depuis des millénaires.
La proportion d'endémiques la plus importante se rencontre chez les Cichlidés : 135 espèces sont endémiques pour un total de 141 espèces présentes dans le lac. La proportion est moindre chez les non-Cichlidés : 50 espèces endémiques sur une centaine d'espèces. Sans compter le genre Lamprologus qui a des représentants hors du Tanganyika (au Congo) mais qui sont probablement issus de ce lac, 33 genres de Cichlidés sont endémiques. Parmi ceux-ci, les genres Tropheus, Eretmodus et Julidochromis . Tels sont, brossé à grands traits, la physionomie et les caractères d'un lac unique en son genre et peuplé d'une faune remarquable de Cichlidés.
Systématique.
Julidochromis et Lamprologus dériveraient, ainsi que Telmatochromis, .d'un même ancêtre du type Haplochromis. Sur le plan comportemental, ils présentent une différence majeure avec ce dernier: ils sont des pondeurs sur substrat et non des incubateurs buccaux.
Le genre Julidochromis comprend, à ma connaissance, 5 espèces, toutes très colorées. Trois espèces ont un patron (ou une robe) composé de bandes horizontales noires sur un fond jaune. J. ornatus, qui semble aussi le plus petit des deux (8cm), ne possède que 3 bandes latérales alors que J. regani en a quatre. La troisième espèce, J. dickfeldi, semble proche de J. ornatus. Chez les deux autres espèces, J. marlieri et J. transcriptus, des stries verticales se superposent aux bandes horizontales: ce dessin donne une série de taches alignées, brunes sur fond beige clair chez J. marlieri et noires sur fond crème chez J. transcriptus. Les nageoires sont bordées d'un liséré bleu. les tailles des adultes en aquarium sont très voisines: 6 à 8 cm; J. marlieri est le plus grand, (il peut atteindre jusqu'à 12 cm) et J. transcriptus le plus petit.
Comportement.
En aquarium, toutes les espèces de Julidochromis semblent présenter un comportement similaire. Je n'ai, jusqu'à présent, relevé aucune différence majeure dans le comportement de reproduction des 3 espèces que j'élève depuis 5 ans.
Les Julidochromis sont des poissons de roche: ils ont besoin d'un abri où ils se sentent en sécurité et d'où ils ne s'aventurent jamais bien loin.
Il faut donc leur aménager une grotte: pierres empilées, pot à fleur renversé, brique creuse, moitié de noix de coco, etc.
les Julidochromis investiront cette caverne toute préparée, creuseront un peu autour de (ou sous) l'abri mais ne bouleverseront pas le décor.Ce sont des poissons robustes, jamais malades; un seul besoin, comme tous les Cichlidés : une bonne oxygénation de l'eau. Un couple se contentera d'un bac de 50 litres, de préférence plus large que haut. la qualité de l'eau leur est à peu près indifférente mais mieux vaut une eau moyennement dure, qu'une eau trop douce (un essai dans une eau de TH 10 degrés ne leur a pas réussi). Une température de 22 à 27 degrés C leur convient bien.
Les Julidochromis peuvent prendre toutes les positions, y compris nager le ventre en l'air, au plafond de leur abri ou sous une large feuille. Adultes, ils sont très territoriaux et chassent les intrus de la proximité du nid, surtout ceux de leur propre espèce. Un nouveau venu introduit dans le bac sera pourchassé et éliminé par les premiers occupants mais les animaux jeunes, élevés ensemble, se supportent bien. Ils ne sont cependant pas très agressifs envers les autres espèces qu'ils se contentent d'éloigner du nid. les Julidochromis défendent leurs jeunes et ne s'attaquent jamais à ceux des autres. Il est possible d'élever des alevins d'autres espèces en même temps que les leurs ou de voir un couple se reproduire dans un bac d'ensemble.
Les sexes sont morphologiquement indiscernables. D'après son comportement plus agressif, j'ai toujours eu l'impression que le partenaire légèrement plus grand était le mâle. Mais, d'après Pierre Brichard qui les pêche dans le lac, et les fait reproduire en bassin, les femelles seraient habituellement les plus grandes. Aussi, mieux vaut se procurer 5 ou 6 jeunes et les élever ensemble pour que un ou deux couples (si l'on a de la chance) se forment d'eux-mêmes. Il en est ainsi de beaucoup de Cichlidés : il est bien préférable, pour obtenir un bon couple reproducteur, de laisser les partenaires se choisir.
Un couple se forme bien avant la première ponte. Le premier couple formé choisit son territoire et chasse tous les autres. Si l'aquarium n'est pas très grand (moins de 2,000 cm2 de surface au sol) et comporte peu de cachettes, les individus dominés seront obligés de se tenir dans le coin le plus reculé en surface (par exemple derrière le thermostat) et seront impitoyablement pourchassés, voire mordus, chaque fois qu'ils essaieront de s'aventurer au-delà de cette limite fort réduite. Il est alors préférable de ne pas prolonger l'expérience et de les enlever car en 2 ou 3 semaines, ils mourront de stress (et non de faim car ils réussissent à s'alimenter un peu). la chasse aux intrus est faite par les deux partenaires mais plus fréquemment par le mâle. Pour se faire reconnaître, donc éviter l'agression du mâle, la femelle a un comportement spécial à son approche, se traduisant par un frétillement du corps et une présentation du ventre.
Reproduction.
la ponte s'obtient à une température de 25-27°C, et a généralement lieu la nuit ou tôt le matin. Le nid est toujours constitué par un abri comportant un toit car les oeufs sont pondus au plafond. la femelle se retourne, le ventre en l'air et dépose ses oeufs à la surface de ce toit où ils adhèrent.
Le mâle intervient à son tour et de la même façon fertilise les oeufs pondus. La ponte et, plus tard, les alevins sont sunout défendus par le mâle qui obstrue l'entrée du nid par sa présence.
En aquarium, le nombre d'oeufs pondus n'est pas très élevé: une vingtaine à une cinquantaine à raison d'une ponte toutes les 3 à 4 semaines. Selon P. Brichard, il existe deux cadences de ponte: soit une forte ponte mensuelle (jusqu'à 250 oeufs) soit des pontes plus rapprochées mais plus faibles ( quelques dizaines d'oeufs tous les 2 ou 3 jours). Ceci pour des exemplaires adultes pêchés dans le lac et reproduits en bassin, donc dans des conditions plus proches du milieu naturel que des conditions d'un aquarium d'amateur. Les oeufs et les jeunes peuvent être laissés aux soins des parents : c'est la méthode la plus naturelle et la moins fatigante mais aussi la moins rentable. On retrouve toujours moins d'alevins que d'oeufs pondus, sans bien savoir ce que sont devenus les manquants. La ponte (ou les alevins) peut très bien être élevée à part: en plaçant un diffuseur sous les oeufs, que l'on prendra soin de laisser dans la même eau et à la même température, tous les oeufs écloront sans problèmes. Les oeufs sont verdâtres et donnent naissance, après 2 ou 3 jour, à de petites larves d'environ 4 mm. Celles-ci restent accrochées au plafond de l'abri, par leur partie antérieure grâce à un mucilage secrété par 4 glandes situées à la partie supérieure de la tête. Ces embryons frétillants possèdent un gros sac vitellin qu'ils résorbent en 5 à 6 jours, ainsi pendus.
Huit jours après la ponte, de minuscules alevins vont faire leur première sortie sur le bord de l'abri, sous l'oeil attentif des parents. C'est le moment de leur fournir leur première nourriture, infusoires ou mieux microvers. Une semaine plus tard, pourra commencer la distribution de nauplii d'Artemia. Les Julidochromis même adultes sont très friands des nauplii d'Artemia ou des copépodes Cyclops. Ils acceptent également bien les Tubifex, les Enchytrées et les vers de vase ainsi que la nourriture sèche, pourvu que celle-ci tombe à leur voisinage car ils s'habituent rarement à venir la chercher en surface.
La croissance des jeunes est assez lente: environ 8 à 10 mois sont nécessaire pour qu'ils atteignent la taille adulte. Ces espèces à croissance lente intéressent peu les pisciculteurs. L'aquariophile amateur en assurant leur reproduction et leur perpétuation en aquarium peut donc jouer un rôle non négligeable dans leur maintien sur le marché, d'autant plus que l'exportation des poissons du Tanganyika est réglementée et leur importation rare.
Par leur forme élégante, leur couleur et leur componement, les Julidochromis sont très attrayants. Plus petits que les M'bunas du lac Malawi et moins querelleurs, ce sont des hôtes recherchés par les amateurs au même titre que les Cichlidés nains d'Amérique du sud. 